La traçabilité est une nouvelle fois au cœur d’un communiqué de presse de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Déjà en octobre, le syndicat a lancé une campagne demandant une modification de la réglementation en matière d’étiquetage des miels. Ce qu’il veut, c’est assurer une meilleure traçabilité et une meilleure transparence vis-à-vis des consommateurs.

« Alors que la production française de miel a considérablement chuté et ne permet pas de satisfaire la consommation nationale, de plus en plus de miels mélangés, provenant de divers pays, fleurissent dans les rayons mais avancent masqués quant à leur origine », déplore l’Unaf dans son communiqué du 22 janvier 2018.

La production s’effondre

Les trois quarts des miels consommés en France seraient, selon l’Unaf, des produits mélangés et importés. « Victime de l’impact des pesticides, de prédateurs comme le varroa ou le frelon asiatique, du bouleversement climatique et de la réduction des ressources mellifères, la production française de miels, qui représentait de 32 000 à 33 000 tonnes en 1995, s’est effondrée pour avoisiner les 10 000 tonnes en 2016 et en 2017 », assure l’Unaf. Quant aux miels d’importation, ils représenteraient aujourd’hui plus de 30 000 tonnes. D’où viennent-ils ? De la Chine, de l’Ukraine, de l’Argentine, de la Hongrie, de l’Espagne ou de l’Italie.

En Europe, les textes prévoient l’obligation de mentionner sur l’étiquette le pays d’origine de la récolte. Mais cette obligation tombe en cas de pluralité de pays d’origine au profit de la mention « mélange de miels originaires ou non originaires de l’Union européenne ». Selon l’Unaf, à cause de cette absence de transparence, 80 % des consommateurs pensent à tort consommer du miel français.

Une réforme comme pour le lait et la viande

« Certains pays d’origine, à commencer par le premier pays producteur, la Chine, sont souvent épinglés pour des fraudes comme l’ajout de sirop de sucres », explique l’Unaf avant de demander, pour réduire ces fraudes, qu’une réforme à l’instar de ce qui a été fait pour l’origine du lait ou des viandes pour les produits transformés soit appliquée au miel.

« Le gouvernement doit avancer rapidement vers une réforme de l’étiquetage obligeant, en cas de miels mélangés, d’indiquer la mention des différents pays d’origine qui les composent », martèle Gilles Lanio, président de l’Unaf.

Hélène ChaligneJournaliste web