Le gel a fait des dégâts sur les arbres fruitiers de différentes régions, à commencer par la Provence. Les températures sont descendues entre –1,5°C et –

6,9°C degrés par endroits durant les nuits du 24 au 27 mars dernier. Principales victimes de ce coup de froid, les vergers d’abricotiers, de cerisiers et de poiriers du Vaucluse dans les secteurs du Ventoux, du Luberon et, plus rarissime, sur le pourtour d’Avignon. Les arboriculteurs du nord des Bouches-du-Rhône et du plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, sont également concernés.

Dégâts visuels importants

« Il y a des dégâts visuels importants, mais nous ne sommes pas encore en mesure de les quantifier, indique Sophie Vache, présidente de la FDSEA 84. Il est possible qu’il y ait des phénomènes de reprise. Les variétés précoces, qui avaient 10 à 15 jours d’avance, comme la folfer en cerise, ont particulièrement été touchées. Elles se trouvaient en fleurs ou à l’état de bourgeon dans le cocon. » Les poires risquent, pour leur part, de présenter des marques sur fruit et d’être de ce fait dépréciées au moment de la vente. Les pommiers dont la floraison intervient plus tardivement n’ont pas souffert.

Procédure de calamité agricole

Dans le département du Var, ce sont les cultures maraîchères et certains vergers qui ont gelé. « La procédure de calamité agricole a été déclenchée, annonce Jean-Philippe Halbert, directeur de la FRSEA Paca. Les commissions d’enquête ne pouvant pas se déplacer sur le terrain, l’Administration a laissé la possibilité aux producteurs de prendre des photos de leurs vergers datées et, si possible, géolocalisées. Elles seront à joindre à une fiche de dégâts qu’ils devront remplir. »

Recensement des pertes

Des dégâts sont également observés dans le Rhône-Alpes, notamment dans la Drôme. « Durant ces deux épisodes de gel, les températures sont descendues jusqu’à –3°C, explique Grégory Chardon, président de la FDSEA de la Drôme. Les zones les plus concernées sont les Baronnies, la vallée du Rhône et le nord de la Drôme. Nous sommes en train de recenser les dégâts mais les vergers qui ont gelé, on les repère tout de suite. »

Les observations montrent que les abricotiers ont été les plus touchés, et dans une moindre mesure les pêchers, les pommiers, les poiriers et les arbres à kiwis. « Pour les abricotiers, les fruits sont encore petits pour estimer les pertes réelles mais c’est sûr il y en aura, s’inquiète le président de la FDSEA. Et sur pommiers et poiriers, on observe que le gel a touché les fleurs. »

Quelques mirabelliers ont souffert

En Lorraine, le gel a été intense dans les nuits du mardi 31 mars au 1er avril, ainsi que la nuit suivante. Les arbres fruitiers étaient toutefois au stade du tout-début de la floraison, donc l’impact du coup de froid est limité. « Ont souffert les mirabelliers de fond de vallées, traditionnellement gélifs, précise Luc Barbier, arboriculteur dans la Meurthe-et-Moselle et président de la coopérative Véga-Fruits. Certaines variétés de pommiers, précoces, des pêchers et des cerisiers ont également été touchés. »

C. Sarrazin, I. Escoffier, D. Péronne