« En 2020, les ventes se sont élevées à 44 036 tonnes (hors produits utilisables en agriculture biologique et produits de biocontrôle), soit 20 % en dessous de la moyenne de 2012 à 2017 », indique le ministère de l’Agriculture qui a publié, le 30 juillet 2021, les données provisoires des ventes de produits phytopharmaceutiques en 2020 (1). « Cette diminution se confirme en tendanciel : la moyenne triennale est la plus faible depuis 10 ans, elle diminue plus récemment de 5,7 % entre 2017-2019 et 2018-2020 », précise le ministère.

Comparés à 2019, les chiffres de 2020 sont en hausse. Le ministère rappelle cependant que « la hausse de la redevance pour pollutions diffuses au 1er janvier 2019 a vraisemblablement conduit une partie des agriculteurs à stocker des produits phytopharmaceutiques à la fin de 2018 afin d’anticiper cette hausse, générant une hausse marquée des ventes en 2018 suivie d’une baisse particulièrement importante en 2019. »

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En orange : substances actives hors usages en agriculture bio et hors produits de biocontrôle En vert : substances actives utilisables en produits de biocontrôle et/ou utilisables en agriculture biologique. Traitements : ministère de la Transition écologique (MTE/SDES), 2021

Hausse des ventes de produits bio et de biocontrôle

Les ventes de produits utilisables en agriculture biologique et les produits de biocontrôle ont augmenté en 2020. Avec 21 305 tonnes vendues l’an dernier il s’agit de la seconde année la plus élevée après 2018. « La moyenne triennale est la plus élevée enregistrée, avec une progression de 20 % par rapport à la moyenne triennale de 2015 à 2017 », rapporte le ministère.

La sortie du glyphosate « enclenchée », selon le ministère

Si les ventes de glyphosate avaient diminué de 37 % en 2018 et 2019, elles ont augmenté de 42 % entre 2019 et 2020 (8644 tonnes vendues en 2020).

« Les évolutions sur le glyphosate montrent qu’une baisse des usages est enclenchée, mais ne font pas encore apparaître les principaux résultats des travaux engagés sur ce produit (révision des autorisations de mises sur le marché par l’Anses à la fin de 2020 et au début de 2021), précise le ministère de l’Agriculture. Ces travaux devraient en effet conduire à une baisse des usages à partir de 2021, baisse qui pourra alors être observée en 2022. »

Source : ministère de l’Agriculture

« Les quantités de substances actives vendues ne reflètent ni les quantités effectivement appliquées ni la période d’application des traitements », souligne le ministère.

Un avis que ne partage pas l’association environnementaliste Générations futures : « La consommation est remontée à 8 644 tonnes en 2020, une quantité similaire à celles utilisées dans les années 2015, 2016, 2017… La sortie du glyphosate n’était donc pas entamée en 2020 ! » Pour l’ONG, il s’agit d’un « coup de com’ estival aux bases fragiles », de la part du ministère.

Baisse des CMR1

Les ventes de substances les plus préoccupantes, les CMR1, (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction avérées ou présumées) ont été réduites de 93 % en 2020 par rapport à leur niveau de 2016. « Entre 2019 et 2020, la proportion de substances actives classées CMR1 parmi l’ensemble des substances diminue sensiblement, passant de 3,8 % à 1,6 %, tandis que celle des substances actives classées CMR2 (suspectées) reste plutôt stable à 10,6 % », poursuit le ministère.

Le ministère informe par ailleurs que les données consolidées seront publiées à la fin de l’année après la collecte exhaustive des déclarations et la réalisation de contrôles de qualité des saisies.

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Justine Papin

(1) Les ventes des produits phytopharmaceutiques sont déclarées chaque année par les distributeurs au titre de la redevance pour pollutions diffuses et versées dans la banque nationale des ventes des distributeurs de produits phytopharmaceutiques (BNVD).