La tendance baissière pour les céréales à paille, le soja et le colza s’est maintenue jusqu’au milieu de la semaine avec la progression des semis de printemps aux États-Unis et les bonnes perspectives pour la récolte mondiale de blé. Néanmoins, la situation s’est retournée à la fin de la semaine, sous l’impulsion du maïs et de craintes d’un retour de temps sec aux États-Unis à partir de la fin de juin.

Stabilisation à hausse des prix du blé

Après deux semaines consécutives de baisse, le prix du blé français se stabilise cette semaine sur le marché physique et s’affiche proche de 211 €/t rendu Rouen et La Pallice pour la nouvelle campagne (base : juillet). Malgré l’affaissement de l’euro face au dollar, cela représente une petite progression de 2 $/t, à 264 $/t Fob Rouen. Sur Euronext, l’échéance de septembre 2021 se situe à 210 €/t en milieu d’après-midi ce vendredi 28 mai 2021, en chute de presque 2 €/t par rapport à la fin de la semaine dernière. Cette même échéance est descendue très près de 200 €/t au milieu de la semaine, mais a repris de belles couleurs jeudi 27 mai avant de redescendre légèrement aujourd’hui, vendredi 28 mai.

Comme pour le maïs, les prix mondiaux du blé se sont maintenus sur une tendance baissière jusqu’à mercredi 26 mai 2021 en raison de l’amélioration des conditions climatiques en Europe (retour des pluies) et aux États-Unis (pluies sur les plaines de blé d’hiver et retour des pluies dans le Nord favorables aux blés de printemps). Les bonnes perspectives de production mondiale, confirmées par le Conseil international des grains cette semaine, de même que les bonnes perspectives pour la récolte européenne (confirmées par la Commission européenne) ont exercé une influence baissière sur les prix.

Les notations de CéréObs le vendredi 28 mai (avec 80 % des cultures de blé en France se trouvant dans un état bon ou excellent contre 79 % la semaine dernière) ont aussi joué dans ce sens. En Russie, la production de blé reste prévue inférieure à celle de l’an dernier mais les conditions ne se sont pas dégradées au cours des derniers jours. Dans ce contexte, la plupart des origines mondiales affichent une baisse de leur prix cette semaine et le blé français se retrouve maintenant plus cher en position Fob que les blés russes (258 $/t).

De gros achats sur le marché mondial du blé

Les prix russes ont été affectés par leur manque de compétitivité lors de l’achat égyptien du début de la semaine : le Gasc a contracté 240 000 tonnes de blé roumain à un prix Fob moyen proche de 259 $/t, alors que le blé russe a été proposé entre 265 et 275 $/t Fob et le blé français à 270 $/t Fob. L’agressivité de l’origine roumaine illustre bien la forte montée de la production dans ce pays et l’augmentation de ses disponibilités exportables par rapport à l’an passé.

L’Arabie Saoudite est présente actuellement sur la scène internationale avec un appel d’offres de 720 000 tonnes pour une arrivée dans le pays de juillet à septembre. La présence des importateurs se maintient donc sur le marché mondial, même si la Tunisie vient d’annuler un appel d’offres pour 92 000 tonnes.

En parallèle, quelques inquiétudes commencent à remonter au sujet des précipitations qui risqueraient de ne pas être suffisantes dans le nord des États-Unis et au Canada. Ces derniers éléments — renforcés par une remontée des prix du maïs — sont venus stopper la baisse des prix au milieu de la semaine.

La chute des cours du maïs stoppée au milieu de la semaine

Les prix des principales origines mondiales du maïs ont de nouveau chuté cette semaine, les maïs sud- et nord-américains perdant 15 $/t et les maïs ukrainiens un peu moins de 10 $/t. La rapide progression des semis de maïs aux États-Unis est un des principaux facteurs expliquant de cette baisse. Au 23 mai 2021, 90 % des semis y étaient effectués, contre 80 % en moyenne à cette date.

Par ailleurs, des rumeurs d’annulation d’achats par la Chine ont circulé dans le marché au début de la semaine, ce qui a aussi pesé sur les cours. La Chine a également annoncé vouloir renforcer les contrôles sur le prix de plusieurs matières premières, dont le maïs. Cette annonce a été faite dans le cadre de son 14e plan quinquennal de 2021 à 2025.

Finalement, les annulations d’achats chinois se sont révélées minimes (moins de un million de tonnes qui portaient sur la nouvelle récolte) et les besoins d’importation du pays sont toujours d’actualité. En parallèle, des perspectives d’un retour à un temps sec se profilent sur le Midwest américain à la fin de juin, ce qui inquiète les opérateurs. Dans un contexte de stocks très bas aux États-Unis et dans le monde, il n’en a pas fallu plus pour venir stopper la chute et faire repartir en légère hausse les prix du maïs à Chicago ce jeudi 27 mai 2021.

En France, les prix Fob Rhin ont suivi la tendance baissière du début de la semaine (–6 €/t, à 260 €/t en base juillet) mais les prix de la façade atlantique sont restés quasi stables (254 €/t Fob Bordeaux).

Les orges fourragères s’apprécient

Comme pour le blé sur le marché physique, le prix des orges françaises a évolué en légère hausse. L’orge française a gagné 3 €/t rendu Rouen, à 207,25 €/t (base juillet pour la récolte de 2021). Cela vient renchérir de 3 $/t les orges fourragères françaises sur le marché mondial (258 $/t Fob), mais leur fait perdre en compétitivité par rapport aux orges de la mer Noire (249,5 $/t) qui, elles, ont suivi le maïs à la baisse. Les prix français restent ainsi soutenus par la faiblesse des stocks et la perspective d’une situation qui s’annonce tendue par la demande chinoise en 2021-2022.

Les prix brassicoles, en revanche, se sont affaissés légèrement, puisque les prix des orges d’hiver et ceux des orges de printemps se retrouvent très proches les uns des autres, entre 215 et 220 €/t. Leur prime se contracte donc cette semaine par rapport aux orges fourragères.

Le colza en baisse sur la semaine…

Les prix du colza se sont encore affaissés cette semaine pour l’ancienne et la nouvelle récoltes, les prix de la récolte de 2020 chutant toutefois moins fortement (de –20 à –22 €/t) que ceux de la récolte de 2021 (de –27 à –29 €/t). Le colza rendu Rouen descend ainsi à 525 €/t pour la récolte de 2020 et 506 €/t pour la récolte de 2021. Sur Euronext aussi, les cotations sont en baisse par rapport à leur niveau de la fin de séance de vendredi 21 mai 2021 (–8 €/t, à 516,75 €/t en milieu d’après-midi ce vendredi 28 mai).

Les graines de colza ont continué de réagir à l’amélioration des conditions culturales en Europe et au Canada. En effet, en Europe, les prévisions remontent légèrement avec des conditions qui s’améliorent au sud et au centre du continent, même si, au contraire, les perspectives restent médiocres en France à cause des rudes épreuves subies par le colza depuis l’automne 2020.

Au Canada, les pluies longuement attendues sont finalement arrivées sur la seconde moitié de mai dans les prairies. Les semis sont très en avance sur les années précédentes, les agriculteurs ayant profité du temps sec à la fin d’avril et le début de mai pour s’avancer le plus possible dans les emblavements des cultures de printemps. Si les pluies sont proches des normales sur les prochaines semaines, l’émergence des plants pourrait se faire dans de bonnes conditions.

Les prix du colza ont également été affectés par les prix des huiles végétales, du palme notamment. Malgré des fondamentaux tendus, les prix des huiles végétales se sont affaissés encore au début de la semaine, sous l’effet du fort ralentissement des achats indiens et des nouvelles inquiétudes liées à la pandémie de Covid-19 en Asie.

… malgré un rebond jeudi 27 mai 2021

Malgré tout, la tendance baissière s’est arrêtée à la fin de la semaine et les prix ont regagné un peu du terrain perdu : après être descendue à 501,5 €/t le mercredi 26 mai 2021, l’échéance d’août 2021 sur Euronext a repris environ 16 €/t en deux jours. Les stocks très bas de la fin de la campagne (à l’échelle européenne et dans le monde) et le maintien d’une forte tension pour 2021-2022 viennent ainsi limiter les corrections baissières.

Mais c’est surtout sur la fin de cette semaine que la correction haussière des cours du maïs tire ceux du soja et du colza, et fait repartir en hausse les prix des huiles végétales.

Le pétrole n’est pas en reste, et pousse le complexe oléagineux vers le haut : son prix a augmenté de 8 % cette semaine malgré les discussions en cours entre l’Iran et les pays occidentaux. En cause, l’accroissement de l’activité économique qui soutient son prix, et l’étude que le think-tank « the Shift project » a publiée ce jeudi 27 mai sur les risques pour les approvisionnements de l’Europe en pétrole. Cette étude montre que la production des pays qui approvisionnent l’Union européenne sera au mieux stable d’ici à 2030 et en déclin ensuite.

Stabilisation du prix de la fève de soja

Le prix du soja s’est stabilisé à Chicago cette semaine (564 $/t pour l’échéance de juillet), mais cette tendance cache une baisse au début de la semaine à un niveau le plus bas depuis un mois, compensée par une remontée depuis.

Le temps des derniers jours a été favorable à l’avancée des semis de soja aux États-Unis et à l’émergence des plants. 75 % des surfaces américaines étaient semées au 23 mai contre 54 % en moyenne sur les cinq dernières années.

Par ailleurs, la Bourse de Buenos Aires a révisé cette semaine son estimation de la récolte argentine à 43,5 millions de tonnes (43 millions auparavant) pour refléter les bons rendements engrangés (la récolte argentine est terminée à plus de 90 %). Des inquiétudes sur la demande chinoise, avec une forte baisse récente des prix de la viande de porc en Chine, a aussi contribué à l’ambiance baissière.

Néanmoins, le soja s’orientait de nouveau en hausse à la fin de la semaine, poussé par l’augmentation des prix du pétrole, par le maïs et par la perspective de conditions climatiques plus sèches dès la fin de juin sur le Midwest américain. Comme pour le colza, le bilan mondial des graines de soja va rester tendu en 2021-2022, aux États-Unis particulièrement, et cette perspective vient rapidement limiter les tentatives de baisse de prix.

Les prix des tourteaux flanchent encore

Le prix du tourteau de soja à Chicago a cédé 12 $/t sur la semaine, à 430 $/t (après une chute de 22 $/t la semaine dernière), ce qui a encore poussé plus bas les tourteaux à Montoir (–18 €/t, à 390 €/t après une chute de 41 €/t la semaine dernière). Les annonces de la Chine sur sa volonté de mieux contrôler le prix de plusieurs matières premières ne sont peut-être pas étrangères à cette baisse. Néanmoins, c’est surtout le maintien de bonnes perspectives de trituration, les marges des triturateurs restant très bonnes, qui fait baisser le prix des tourteaux.

L’activité de trituration a été très élevée en Europe au mois d’avril et les marges des triturateurs s’annoncent importantes pour la période de mai à juillet. Le rétablissement plutôt modéré des disponibilités triturables en colza et tournesol en nouvelle campagne, au regard des forts besoins en huile attendus, constitue un facteur de soutien pour la trituration du soja sur juillet-septembre, et donc pour la production de tourteaux.

Toutefois, la croissance de la trituration de fèves sera limitée par la forte concurrence des acheteurs chinois pour le soja sud-américain et par l’amenuisement des disponibilités brésiliennes attendu sur cette période.

À la suite des tourteaux, le pois voit son prix s’affaisser de nouveau ; il a perdu 3 €/t sur la semaine, à 262 €/t départ Marne.

Le tournesol ne résiste pas

Contrairement à la semaine dernière, le prix du tournesol s’affaisse cette semaine pour la récolte de 2021 en France de 25 €/t, à 490 €/t pour le tournesol standard et 500 €/t pour le tournesol oléique.

La graine de tournesol a été influencée au début de la semaine par le mouvement de baisse des prix du soja, du colza et des huiles. Pour la récolte de 2021, la surface de tournesol en Ukraine reste attendue à un niveau record qui devrait pouvoir se concrétiser avec l’accalmie des précipitations. Cela ouvre une fenêtre propice aux agriculteurs afin d’achever les semis de tournesol, plutôt tardifs cette année.

L’Ukraine pourrait de nouveau produire une récolte record. Les perspectives sont bonnes aussi dans l’Union européenne, où les surfaces sont en train d’augmenter (en Roumanie et Bulgarie), et où les rendements sont attendus nettement plus hauts que l’an passé. Les semis de tournesol ont été entravés par le contexte climatique frais dans l’Union européenne. C’est sous un temps relativement froid que la majeure partie a été semée en France. Néanmoins, les pluies des dernières semaines ont été bénéfiques aux levées de cette culture.

Tallage

À suivre : conditions climatiques du printemps pour les céréales à paille et le colza, fin des semis de printemps, prix du pétrole, demande en huile végétale.

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé continue de progresser sur Euronext

Les prix du blé progressaient à nouveau ce vendredi 15 octobre 2021 en fin d’après-midi sur le marché européen, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le prix du colza en hausse sur le marché européen

Les prix du colza poursuivaient leur progression le vendredi 15 octobre 2021 sur le marché européen, dans le sillage des cours du pétrole et de l’huile de palme.