Le soja mène la danse cette semaine et ses prix touchent les plus hauts niveaux depuis six ans, entraînant le maïs et les céréales à paille à sa suite. La Russie, l’Algérie et les accords du Brexit soutiennent aussi le blé.

Nouvelle progression du blé

Le blé a gagné 2,5 €/t sur le marché physique depuis mercredi dernier, à 212 €/t rendu Rouen et 213 €/t rendu La Pallice (base : juillet).

Sur Euronext, l’échéance de mars 2021 se situait à 212,25 €/t en milieu d’après-midi ce mercredi 30 décembre, en hausse de 1,5 €/t par rapport à la semaine dernière. Cette situation conduit les blés français à plus de 270 $/t Fob sur le marché mondial ce mercredi, en hausse de 3,5 $/t, en sympathie avec la progression des blés de la mer Noire et des blés US qui se sont appréciés de 2 à 4 $/t selon les régions.

Le marché mondial du blé reste en effet sous la coupe de la Russie dont les prix montent encore un peu (+2 $/t, à 267 $/t Fob Novorossiysk) en perspective de la taxe qui s’appliquera aux exportations à partir de la mi-février. Cette semaine, les analystes russes ont réduit, comme attendu, leurs prévisions d’exportations au départ de la Russie pour le second semestre de la campagne. Outre la montée des prix russes, cela est un facteur haussier pour les autres origines mondiales.

Les prix du blé à Chicago ont toutefois lâché du lest au début de la semaine à la suite de bonnes conditions climatiques pour les blés d’hiver dans ce pays mais ils sont vite repartis à la hausse hier à la suite du soja et du maïs.

L’Algérie sur le marché

Les prix français ont donc suivi le mouvement de hausse générale mais ils reflètent en outre deux éléments particuliers : d’une part, l’accord sur le Brexit qui va permettre la poursuite d’échange de l’Union européenne (UE) avec le Royaume-Uni sans quota ni taxe. Dans une campagne où le bilan anglais est très déficitaire en blé, cela est de bon augure pour les exportations de l’UE (de l’Allemagne notamment) vers cette destination en seconde moitié de campagne.

Par ailleurs, l’Algérie est « aux achats » actuellement pour du blé meunier et les blés européens, dont français, pourraient faire partie des origines choisies malgré l’arrivée de la récolte argentine qui reste chère par rapport aux blés français à destination de l’Afrique du Nord.

La Jordanie boude l’orge

L’orge fourragère française a gagné 2 €/t depuis mercredi dernier, à 198,5 €/t, soit 253 $/t Fob sur le marché mondial. Comme la semaine dernière, les orges françaises semblent suivre le blé alors que les prix des autres origines mondiales restent assez stables sur la semaine.

Le marché de l’orge est calme, en attente actuellement, comme en atteste le refus par la Jordanie des propositions qui lui ont été faites récemment dans le cadre d’un appel d’offres pour 120 000 tonnes. Le pays a annulé l’appel en cours et vient d’en rouvrir un autre avec une date limite pour les offres au 5 janvier 2020.

Les conséquences de l’accord faisant suite au Brexit sont à suivre de près pour l’orge : contrairement au blé, le bilan anglais de l’orge est excédentaire cette année et la fin des incertitudes tarifaires pourrait conduire à un accroissement des flux anglais vers l’UE en seconde moitié de campagne.

Statut quo en orge brassicole cette semaine à 204 et 210 €/t Fob Creil pour les variétés d’hiver et de printemps (base juillet).

Le maïs encore plus haut

Le maïs français gagne 4 €/t cette semaine, que ce soit Fob Rhin (à 205 €/t) ou Fob façade atlantique (198 €/t) en base juillet.

Cette évolution est conduite par le marché mondial. En effet, les prix du maïs restent soutenus partout par la poursuite des achats chinois adressés aux États-Unis (USA) et poussés aussi vers le haut par le soja et les retards de chargements qui se sont accumulés ces dernières semaines en Argentine à la suite des grèves.

Le 29 décembre 2020, les prix du maïs à Chicago ont atteint leur plus haut depuis six ans et continuaient à grimper aujourd’hui. Fob Gulf, les maïs US gagnent 10 $/t sur la semaine, les maïs argentins 8 $/t et les maïs brésiliens 9 $/t. En plus des inquiétudes liées à l’impact de la sécheresse sur la production de maïs en Amérique du Sud, le plan de relance voté aux USA (cf. ci-dessous) est venu jouer un rôle haussier cette semaine pour le pétrole et l’ensemble des matières premières agricoles.

Les sojas US touchent des sommets

En Argentine, un accord a été conclu cette nuit entre les travailleurs des usines de trituration et la chambre de l’industrie des huiles comestibles (CIARA). Cet accord devrait mettre fin à la grève qui durait depuis près de trois semaines dans le pays et qui concernait aussi les inspections portuaires. Le mardi 29 décembre 2020, la grève et la lenteur des négociations ont fait flamber le prix du soja au plus haut depuis plus de 6 ans avant un affaissement aujourd’hui 30 décembre 2020 depuis l’accord de cette nuit.

Au total, sur la semaine, le soja a encore grimpé de 18 $/t sur le marché de Chicago. Vu le nombre de bateaux en attente de chargement dans les ports argentins (160 hier), la décongestion des ports devrait être lente.

De plus, le nord-est de l’Argentine continue de souffrir d’un déficit de précipitations qui empêche l’avancée des semis de soja. L’état des cultures de soja est affecté par le manque d’eau dans l’ensemble des pays producteurs d’Amérique du Sud et cela est aussi un élément de soutien pour les prix.

Par ailleurs, les exportations au départ du Brésil sont presque inexistantes depuis le début de décembre, les disponibilités étant quasi épuisées et les derniers volumes accaparés par les triturateurs brésiliens. Ils offrent actuellement aux producteurs des prix plus attractifs que les exportateurs ; ainsi, l’origine US est en position de quasi-monopole sur le marché mondial. De plus, les Bourses mondiales ont apporté du soutien aux cours des matières premières agricoles cette semaine.

Le lundi 28 décembre 2020 la Chambre des représentants des États-Unis a finalement voté un plan de relance de 900 milliards de dollars acté par le Congrès. Le prix du pétrole a ainsi grimpé de 2 % sur la semaine à New York, pour s’établir à 48 $ le baril.

Tous ces éléments ont mené les prix du soja à 476 $/t sur l’échéance de janvier 2021 (le 29 décembre 2020). Le prix du soja US a dépassé ainsi de 130 $/t son niveau de la fin de décembre 2019 !

Le tourteau de soja à Montoir en petite hausse

La perspective de la fin de la grève en Argentine a fortement détendu le marché mondial des tourteaux de soja.

Ainsi, le prix du tourteau à Montoir a chuté de 8 €/t entre le 28 et le 29 décembre. Par conséquent, sur la semaine, il affiche une hausse modérée de 3 €/t. Le soutien du soja aux tourteaux a été en partie compensé par la progression de l’euro face au dollar US.

Les prix des tourteaux de soja en France de la fin de décembre 2020 sont très élevés : ils ont progressé de plus de 100 €/t durant l’année 2020, soutenus par la forte progression de la demande chinoise en tourteaux, liée à la reconstitution du cheptel porcin en Chine après la crise sanitaire de la peste porcine africaine.

Le prix du pois reste élevé

La demande en pois reste soutenue dans un contexte où son concurrent principal, le tourteau de soja, n’est pas très attractif pour les fabricants d’aliments du bétail. Ainsi, à l’approche du nouvel an, le prix du pois fourrager se stabilise à 255 €/t, soit à 50 €/t de plus qu’à la fin de décembre 2019.

Les colzas français au plus haut niveau de l’année 2020

Cette fin d’année est marquée par une nouvelle progression du cours de la graine oléagineuse en France, qui dépasse les plus hauts niveaux de janvier 2020. À 421 €/t en rendu Rouen et 423 €/t en Fob Moselle, les cours sur le marché physique ont grimpé de 3 €/t par rapport à la semaine dernière. Ils valent en moyenne 15 €/t de plus qu’à la fin de décembre 2019.

Le soja continue de soutenir le cours de la graine européenne. La validation du plan de relance des États-Unis a par ailleurs apporté de l’optimisme pour les perspectives économiques mondiales de 2021.

Le début des campagnes de vaccination contre le Covid-19 dans de nombreux pays de l’UE donne également de l’espoir pour une reprise progressive de l’activité dans les secteurs du tourisme et de la restauration, qui sont clefs pour les secteurs du transport (biodiesel) et de l’alimentation (huiles végétales).

Ce mercredi 30 décembre 2020, les députés britanniques ont par ailleurs voter l’accord de libre-échange signé le 24 décembre entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. De plus, ce même jour, la Chine et l’Union européenne ont finalisé un accord d’investissement. En négociation depuis 2014, cet accord devrait offrir aux entreprises européennes investissant en Chine de meilleures garanties, tant en termes de concurrence que de protection de leurs investissements. Tout cela a stimulé les marchés européens et par ricochet, les matières premières et la valeur de l’euro.

Risque de baisse en colza au début de 2021

Durant le premier trimestre de 2021, à moins d’un gros accident climatique affectant les cultures de soja, les prix du colza pourraient s’effriter dans l’UE en raison du démarrage des récoltes de soja au Brésil, mais aussi de l’arrivée massive de chargements de canola en provenance de l’Australie, où la récolte s’avère exceptionnelle.

Par ailleurs, après un ralentissement hivernal dû aux températures extrêmes, les chargements de canola au départ du Canada vers l’UE devraient reprendre un rythme soutenu. Enfin, la situation sanitaire dans l’UE pourrait rester difficile, les conditions climatiques favorisant la circulation du Covid-19, forçant les gouvernements européens à prolonger ou remettre en place des mesures de confinement, de couvre-feu, et à retarder la réouverture des restaurants. Cela pourrait continuer à restreindre la demande en huile de colza pour le biodiesel à court terme.

Le prix du tournesol reste au pinacle

A Saint-Nazaire, le prix du tournesol oléique se stabilise à 495 €/t. La demande se maintient, vu les marges de trituration rémunératrices. L’huile de tournesol reste extrêmement chère.

Ainsi, la consommation se reporte en partie sur l’huile de soja, de colza et de palme. Par ailleurs, les marges de trituration du colza sont désormais plus élevées que celles du tournesol, ce qui limite un peu les achats de graines de tournesol sur le court terme.

Le prix du tournesol a encore augmenté cette semaine en mer Noire (+10 $/t) vu le contexte de chute des disponibilités par rapport à l’an passé et à la demande soutenue des triturateurs. Le prix au départ de la mer Noire est désormais de 635 $/t, en hausse de 75 % par rapport à la fin de 2019.

Tallage

À suivre : prix russes et résultat de l’appel d’offres de l’Algérie en blé, achats chinois en orge et maïs, climat en Amérique du Sud (soja), dans l’UE et en mer Noire (colza), demande en huiles des pays émergents (situation sanitaire), valeur de l’euro et du pétrole.

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