Le froid et le sec continuent de soutenir les prix dans l’ouest de l’Union européenne et en Amérique du Nord, pour les deux campagnes en céréales, pour la récolte de 2021 en colza. La situation est plus calme dans le nord de l’Union européenne et en mer Noire.

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Le prix du blé poursuit sa reprise sous inquiétudes climatiques

+8 €/tpour le blé de la nouvelle campagne

La reprise entamée la semaine dernière s’est poursuivie. Le blé français de la récolte de 2020 a gagné 5 €/t, à 211,25 €/t rendu Rouen (base juillet) et 212,25 €/t rendu La Pallice. Les blés de la nouvelle campagne ont même grimpé plus fortement que ceux de l’ancienne (+8 €/t).

L’échéance de mai 2021 du Matif s’est appréciée de presque 8 €/t également en début d’après-midi vendredi 16 avril 2021 (à 220,5 €/t) par rapport à la clôture de vendredi 9 avril 2021. Cette progression s’est produite de concert avec celles des valeurs américaines, le blé meunier US de bonne qualité HRW ayant bondi de 8 $/t sur la semaine et entraîné les valeurs argentines en hausse également.

Les prix sont repartis à la hausse à cause d’inquiétudes climatiques des deux côtés de l’Atlantique : aux États-Unis, une vague de froid et de sec est annoncée pour la semaine prochaine sur les plaines du Sud, ce qui pourrait affecter les blés d’hiver (SRW et HRW).

Par ailleurs, la situation est encore sèche sur les régions de blé de printemps dans le nord des États-Unis et sur les pairies canadiennes, ce qui n’est pas très favorable pour la mise en place des blés de printemps.

Du côté français, c’est à la fois le manque d’humidité qui inquiète dans le Sud-Ouest, ainsi que la prolongation des températures basses et des gelées matinales depuis plusieurs jours. Ces gelées ont probablement causé quelques dégâts, difficiles encore à apprécier cette semaine.

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La situation inquiète davantage pour le blé dur et l’orge. Cependant, la part des blés tendres en situation bonne ou excellente passe à 86 % cette semaine, contre 87 % le mois dernier, selon la note de Céré’Obs, le service d’observation de l’état des cultures de FranceAgriMer.

Le nord de l’Union européenne et la mer noire s’en sortent mieux

En revanche, la situation reste bonne dans le reste de l’Union européenne. Les plantes sont même en très bonne forme dans le Nord et les pays baltes. La situation est également correcte dans la zone de la mer Noire : le froid et l’humidité retardent les semis de printemps en Russie, mais il reste encore du temps pour les réaliser dans de bonnes conditions.

Après la fonte des couches de neige ou de glace, l’ampleur des ressemis nécessaires se précise mais les dégâts ne sont pas plus graves que prévu il y a quelques semaines. Dans ces conditions, les blés russes ne se sont pas appréciés cette semaine, contrairement aux autres origines.

En conséquence, l’écart de prix entre les blés français et les blés russes pour l’ancienne récolte se creuse fortement : il s’était réduit à moins de 10 $/t la semaine dernière. Il dépasse aujourd’hui les 20 $/t (au désavantage des blés français).

En nouvelle récolte, l’écart entre prix russe et prix français est moins marqué (10 $/t seulement) : il n’y a quasi plus de différence entre l’ancienne et la nouvelle récolte en Russie, alors que les blés français de la nouvelle récolte valent presque 20 €/t de moins que ceux de la récolte de 2020 (majorations incluses). Ce contraste reflète un bilan très confortable en Russie sur la fin de la campagne alors que les stocks français et européens sont prévus bas.

Pas de gros achats cette semaine par les pays clients de l’Europe pour le blé tendre, mais un achat à mentionner en blé dur par l’Algérie (au moins 200 000 tonnes) qui sera servi probablement par des blés durs mexicains et canadiens.

Les orges s’apprécient aussi

Les orges françaises fourragères ont évolué comme le blé : leur prix a gagné 5 €/t en ancienne récolte (à 195,25 €/t rendu Rouen) et 8 €/t en nouvelle récolte (à 207,75 €/t, base juillet). Les inquiétudes ont la même source que pour le blé : le froid en France avec des dégâts potentiels sur les cultures plus importants qu’en blé. Céré’Obs réduit ainsi de 3 points la part des orges d’hiver et de 4 points celle des orges de printemps en bonnes et excellentes conditions, à 83 % et 88 % respectivement.

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Au Canada les prairies sont sèches alors que les semis devraient démarrer au cours du mois d’avril. Le déficit hydrique dans ce pays est à l’ordre du jour depuis plusieurs mois et s’est même intensifié au cours du mois écoulé.

Le marché des orges de brasserie n’est pas très dynamique en ancienne récolte et les prix ne bougent pas. En revanche, ils grimpent de la même ampleur que ceux des blés et des orges fourragères en nouvelle campagne : un peu moins de 8 €/t, à 209 €/t pour les orges d’hiver et 215 €/t pour les orges de printemps Fob Creil (base juillet). L’écart entre les variétés d’hiver et de printemps est très faible. Les primes brassicoles par rapport aux valeurs fourragères sont basses également. Elles devraient monter au cours de la campagne en raison de la chute attendue de l’offre brassicole.

Le maïs monte aussi

Les prix du maïs sont montés plus franchement que la semaine dernière. La cotation Fob Rhin vient de gagner 3 €/t, à 225 €/t en base juillet, et la cotation Fob Atlantique 6 €/t, à 227,75 €/t.

La hausse des prix marquée des maïs de l’ouest du pays résulte de la baisse des disponibilités dans cette zone à la suite de flux significatifs vers le Portugal, l’Irlande et le Royaume-Uni. Le temps sec actuel dans le sud-ouest du pays soulève aussi des inquiétudes pour les semis de la prochaine récolte.

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En Argentine en revanche, les pluies du mois dernier semblent plus bénéfiques qu’escompté. La Bourse de Buenos Aires remonte légèrement son estimation de la récolte de 2021 à 46 millions de tonnes. Il n’en reste pas moins que cette récolte est inférieure à celle de l’an dernier et que la situation mondiale demeure très tendue pour la fin de la campagne du maïs.

Les prix US sont d’ailleurs repartis en hausse après que les États-Unis ont remonté vendredi dernier leurs estimations des exportations de maïs US et de la consommation animale.

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Le colza recule sur l’échéance rapprochée

Pénalisé par la reprise de la parité euro/dollar, et par le manque de demande sur le rapproché, le cours du colza sur Euronext recule de 5 €/t, à 508 €/ sur l’échéance mai 2021, malgré la fermeté des cours du canola canadien, des huiles et du pétrole. Sur le marché physique, le prix a suivi le même mouvement, en cédant 5 €/t, à 512 €/t en Fob Moselle, et 11 €/t, à 498 €/t à Rouen.

À l’inverse, l’échéance de novembre 2021 (nouvelle campagne de colza) a évolué en hausse marquée de 22 €/t sur la semaine, à 471,5 €/t. Les inquiétudes des opérateurs face aux impacts des gelées de la semaine dernière et aux conditions climatiques sèches dans l’Union européenne apportent du soutien aux prix de la nouvelle campagne, d’autant plus que le bilan européen de colza s’annonce à nouveau déficitaire sur 2021-2022.

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Outre Atlantique, la semaine a été également marquée par le renchérissement du canola canadien sur l’ancienne et la nouvelle campagne. Les cours à Winnipeg ont progressé de 16 $/t, à 661 $/t sur l’échéance mai 2021. Le canola continue de s’apprécier dans le sillage des huiles avec un bilan canadien qui reste très tendu à la fin de campagne de 2021-2022. À cela s’ajoute le déficit hydrique qui persiste au Canada, ce qui pourrait affecter les surfaces semées de canola au printemps. Si la forte hausse des surfaces attendue ne se matérialise pas, le bilan mondial de colza deviendrait explosif pour 2021-2022.

Le cours du soja se stabilise

Cette semaine, les cours du soja sont restés stables sur le marché de Chicago (+1 $/t, à 521 $/t), tiraillés entre la progression de la récolte brésilienne de soja, conséquente, et les craintes de pertes de rendement en Argentine et au Paraguay, en raison d’un temps trop sec.

Par ailleurs le contexte est aussi contrasté en Amérique du Nord. Les chiffres de trituration de soja US publiés par la NOPA (l’association américaine des triturateurs de soja) ont montré un volume de fèves écrasées à un niveau inférieur de 2 % par rapport à l’an passé, mais inférieur aux attentes, ce qui a eu un effet baissier.

De son côté, l’huile de soja a évolué en hausse sur le marché de Chicago à la suite d’un recul de 7 % du stock US d’huile de soja à la fin de mars 2021 par rapport à mars 2020, selon la NOPA.

Le renchérissement des cours du pétrole de 6 % sur la semaine a également apporté du soutien à l’huile de soja. L’or noir s’est renchéri à la suite de la révision à la hausse des perspectives de demande mondiale de pétrole en 2021 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), sous fond de reprise de la croissance économique.

Le tourteau de soja encore en baisse

Depuis la semaine dernière, les prix du tourteau de soja à Chicago se sont repliés de 5,5 $/t, à 443 $/t. L’arrivée massive de fèves brésiliennes de soja sur le marché mondial continue à peser sur les prix de la protéine de soja. Porté par le mouvement de son homologue américain, le tourteau de soja à Montoir a reculé de 8 €/t, à 404 €/t.

Le pois fourrager reste stable

Le pois fourrager est resté stable sur la semaine, à 275 €/t départ Marne, malgré la baisse du prix du tourteau de soja. À ce niveau de prix, le pois n’est pas attractif dans les rations animales.

L’état des cultures de pois en France reste à suivre de près sur les prochaines semaines, compte tenu des gelées tardives et du manque de précipitations.

Hausse des prix du tournesol en mer Noire, stabilité en France

À Saint-Nazaire, le prix du tournesol français de la nouvelle récolte est resté stable depuis la semaine dernière en qualité oléique, à 450 €/t, alors qu’il a progressé de 5 €/t, à 445 €/t en qualité standard. Les travaux de semis de tournesol sont en cours en France. Des précipitations supplémentaires seront toutefois nécessaires pour assurer une bonne implantation.

En Ukraine et en Russie, les semis ont également démarré. En mer Noire, le prix Fob s’est renchéri de 20 $/t (à 725 $/t), faute de disponibilités pour répondre à la demande des triturateurs. Par ailleurs, le gouvernement ukrainien étudie la possibilité de limiter les exportations d’huile de tournesol entre le 1er juillet et le 30 septembre 2021.

Tallage

À suivre : état des céréales d’hiver partout dans le monde, avancée des semis de printemps de céréales et d’oléagineux, prix du pétrole, évolution de la pandémie et son impact sur l’économie.

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Blé en recul, maïs toujours en hausse

Les prix de la prochaine récolte de blé reculaient vendredi 7 mai 2021 en fin d’après-midi, tandis que le maïs poursuivait sa course folle, en raison des inquiétudes qui pèsent sur les cultures au Brésil.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza se stabilise, au terme d’une semaine de flambée des cours

Les prix du colza étaient proches de l’équilibre, vendredi 7 mais 2021 dans l’après-midi, dans un marché qui consolidait, au terme d’une semaine de très forte progression des cours des huiles.