Baisse des ventes en boulangerie et consommation hors domicile de sandwichs qui s’effondre : le secteur de la meunerie est très impacté en France par le confinement mis en place à cause du coronavirus . « Après une forte demande la première semaine de confinement, l’activité des moulins s’est réduite en raison d’une crise de débouché en boulangerie artisanale et industrielle , malgré une demande importante en sachets de 1 kg vendus en GMS (5 % des débouchés habituels de meuneries) », a indiqué Marion Duval, adjointe au chef de l’unité des grains et du sucre de FranceAgriMer , le 15 avril 20 à l’issue du conseil spécialisé.

Demande des pays tiers dynamique en blé tendre français

Le reste de l’Europe rencontre les mêmes difficultés et les exportations de blé tendre français vers l’Union européenne diminuent, notamment vers les pays du Nord. Les exportations vers les pays tiers restent importantes, à +500 000 t en mars par rapport à février, avec « un flux extraordinaire de blé tendre vers la Chine (340 000 t en mars) et la bonne demande du Maroc qui a manqué de pluies », explique Marion Duval.

Le secteur brasserie en crise

L’ orge française bénéficie d’une bonne compétitivité sur le marché international : au 10 avril, 1 million de tonne (Mt) avait pris le chemin de la Chine et 694 000 t vers l’Arabie Saoudite. « Le secteur de la brasserie se voit privé de 35 % de ses débouchés », estime Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales.

« Les microbrasseries sont particulièrement impactées [par la crise du Covid-19] , et enregistrent jusqu’à 80 % d’effondrement de leurs ventes  », ajoute-t-il. La fermeture des bars, restaurants, hôtels, festivals et brasseries entraîne une forte diminution de consommation de bière en France, avec par ailleurs un tourisme attendu en baisse.

L’éthanolerie en difficulté

Le débouché de l’éthanolerie est aussi mis à mal par le confinement et entraîne le maïs dans sa chute, et le blé dans une moindre mesure. « La difficulté concerne les coproduits drêches. Des substituts doivent être trouvés en alimentation animale », rapporte Marion Duval.

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Blé dur, les semouliers doivent faire face

En revanche, les utilisations domestiques de blé dur plafonnent. « Les Français se sont rués sur le rayon des pâtes , les stocks des pastiers et GMS sont entamés, et la semoulerie est fortement mobilisée pour les restaurer. Une hausse de la collecte des volumes stockés chez les agriculteurs est constatée, avec +40 000 t en un mois. Les exportations vers les pays tiers restent soutenues, à +40 000 t d’un mois sur l’autre », complète Marion Duval.

Justine Papin
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