La semaine a été marquée par l’achat de l’Algérie mardi dernier de 600 000 tonnes de blé, achat qui sera probablement servi en partie par du blé français. Mais ce dernier subit une forte compétition de la part de l’Argentine. Sans compter l’euro qui s’est légèrement affaibli face au dollar au cours de la semaine. Ces éléments ont plutôt pesé sur le blé français qui reperd cette semaine entre 1 et 2 €/t : 2 €/t à Rouen, à 196,75 €/t ; 1 €/t à La Pallice, à 195,75 €/t.

Les cultures d’hiver démarrent bien en Europe

Parmi les autres facteurs ayant exercé une légère influence baissière, on peut signaler la mise à jour des estimations de Mars (outil de suivi des cultures de la Commission européenne). La Commission a souligné le bon démarrage des cultures d’hiver dans l’Union européenne suite aux pluies de novembre, tout en soulignant que la situation restait assez critique dans le centre de l’Union européenne.

La situation en mer Noire et mer d’Azov reste importante à observer ces jours-ci. Suite à la reprise des hostilités entre la Russie et l’Ukraine, deux ports de la mer d’Azov sont bloqués. Cela pourrait ralentir les chargements à un moment où la mer d’Azov aborde la période hivernale et donc s’apprête à voir son rythme d’exportation diminuer par rapport au début de la campagne.

L’impact de ce blocage sur les chargements n’est pas très important pour l’instant mais vient s’ajouter aux incertitudes concernant les chargements de la mer Noire pour les semaines et mois à venir. Les chargements cumulés de novembre sont restés élevés jusqu’à maintenant.

La Russie se reprend

Après une chute, que nous avions soulignée la semaine dernière, au cours des deux premières semaines de novembre, les chargements russes ont repris. Bilan, les flux à l’exportation sont restés importants en novembre. Dans ce contexte, les prix meuniers russes ont gagné 2 $/t cette semaine, à 228 $/t Fob.

À noter cette semaine aussi l’alerte de l’Organisation météorologique

mondiale concernant une forte probabilité du phénomène El Niño dans les mois à venir. Celui-ci serait de faible ampleur mais il convient de suivre cette situation qui pourrait, entre autres, être synonyme de nouvelle sécheresse en Australie et Asie du Sud-Est.

Des ventes de blé français à la Chine

Enfin, la France vient de charger un bateau de 63 000 tonnes de blé meunier vers la Chine. Il s’agit du premier chargement français vers ce pays depuis la campagne 2014-2015 (5 000 tonnes). Les blés français ne sont pourtant pas compétitifs par rapport aux concurrents vers cette destination.

Ils profitent des différends politiques entre la Chine et les États-Unis. Et de celui entre Pékin et l’Australie qui concerne davantage l’orge principalement. Il se peut que quelques autres chargements suivent mais nous n’attendons pas une explosion des flux français vers cette destination.

L’orge baisse par manque d’activité malgré des exportations à venir

Poussés par les prix du blé et la légère hausse de l’euro, les prix de l’orge fourragère sur le marché français se sont affaissés cette semaine : de 1 €/t en Moselle à 190,75 €/t, et de 4 €/t à Rouen à 194,75 €/t.

La Turquie et la Tunisie ont pourtant acheté chacune 75 000 tonnes d’orge cette semaine mais cela se traduira par des chargements sur décembre à février alors que, pour l’instant, l’activité à l’exportation des ports français reste assez timide.

La Chine vient d’annoncer qu’elle autorisait maintenant les importations d’orge et de blé en provenance du Kazakhstan. Cette mesure ne va pas changer beaucoup la physionomie des échanges mondiaux d’orge à court terme, les disponibilités du Kazakhstan étant relativement limitées et probablement largement destinées à l’Iran.

En revanche, une fois que les opérateurs auront bien intégré cette nouvelle possibilité, vu la proximité géographique entre les deux pays, il n’est pas exclu que le Kazakhstan développe effectivement ses chargements vers la Chine. Cela pourra représenter une concurrence pour les orges françaises mais pas tout de suite.

La Chine fait face actuellement à la problématique de répondre à sa demande alors qu’elle taxe ses importations de maïs et de sorgho en provenance des États-Unis et qu’elle a lancé une enquête antidumping à l’encontre des exportations australiennes d’orge.

Un marché du maïs sous pression

Les prix du maïs n’ont pas affiché de grande variation cette semaine. Toutefois, poussés par le blé et l’orge, ils se sont quand même orientés en légère baisse : –0,5 €/t en position Fob Rhin, à 173, €/t et –1 €/t à La Pallice, à 169,75 €/t. Sur le marché mondial, les valeurs américaines sont restées stables mais les maïs argentins et ukrainiens ont abandonné chacun 2 $/t dans une situation de très forte disponibilité mondiale.

Pour l’instant, les importateurs mondiaux sont bien couverts en maïs et c’est la fin des opérations de récolte, aussi bien aux États-Unis qu’en Ukraine, qui continue de peser sur les prix. L’ampleur des disponibilités mondiales de maïs devrait empêcher toute hausse importante. Le potentiel de baisse, aux États-Unis notamment, apparaît limité car des prix trop bas inciteraient les agriculteurs à stocker. L’évolution des conditions climatiques en Amérique du Sud sera à surveiller de près car elle influencera aussi les prix mondiaux à partir du début de 2019.

Le colza résiste à la nouvelle baisse du pétrole

Peu de variations cette semaine pour les prix du colza français qui gagnent 0,5 €/t à Rouen, à 365,5 €/t, mais perdent 0,5 €/t sur la Moselle, à 372 €/t. La légère baisse de l’euro face au dollar a plutôt constitué un facteur de soutien cette semaine tout comme le léger renchérissement des graines de canola canadien et des graines de soja américain

Ces dernières sont boostées par l’espoir d’une résolution du conflit sino-américain au cours des discussions qui vont s’ouvrir en marge des négociations du G20. Les révisions à la baisse des surfaces de colza dans l’Union européenne pour la récolte de 2019 (nous estimons maintenant la chute des surfaces à 12 % pour l’ensemble de l’Union européenne et 24 % pour la France) et la perspective d’une récolte médiocre en 2019 soutiennent aussi les prix européens..

Enfin, les graines françaises font face à une bonne demande : celle en huile de colza est assez dynamique, soutenue par de bonnes marges de production pour le biodiesel. Cela a entraîné des achats pour un approvisionnement des usines pour le début de 2019. On note aussi un bon dynamisme de la demande de colza français pour l’exportation vers l’Allemagne, afin d’alimenter les usines outre-Rhin qui peinent à trouver de la disponibilité en raison des basses eaux sur le Rhin.

Ces éléments ont permis au colza de résister à la nouvelle baisse du prix du pétrole cette semaine. Malgré tout, à moyen terme, malgré la forte baisse des stocks de colza prévue dans l’Union européenne, il n’est pas certain que le colza puisse résister à la pression baissière que le soja devrait exercer avec l’arrivée des récoltes d’Amérique du Sud sur le marché (dès la fin de décembre dans le Mato Grosso, au Brésil, où les semis ont été historiquement rapides).

Le tournesol reste stable

Le prix du tournesol reste stable cette semaine à 302,5 €/t rendu Saint-Nazaire. La pression baissière provenant de la mer Noire est en train de s’estomper, les prix très bas atteints par les graines ukrainiennes ayant commencé a suscité un intérêt acheteur. Toutefois, les stocks mondiaux de tournesol s’annoncent très confortables et les prix n’ont guère de potentiel de hausse surtout si le conflit sino-américain n’est pas résolu.

Les tourteaux toujours bon marché

Les tourteaux de soja perdent 1 €/t à Montoir cette semaine à 332 €/t et sont restés stables à 338 $/t à Chicago. Les prix sont bas désormais poussés depuis plusieurs semaines par les prix du soja sud-américain. Actuellement, le tourteau de soja est très attractif en alimentation animale dans l’Union européenne. Cela devrait stopper la baisse des prix si le conflit sino-américain est résolu.

Au contraire, une poursuite de conflit entraînera des stocks énormes de graines de soja aux États-Unis qui devront alors chercher tous les débouchés possibles et accroître leurs ventes de tourteaux vers l’Union européenne.

Le prix du pois reste stable, à 213 €/t départ Eure-et-Loir, toujours comprimé les fortes disponibilités en tourteau à bon marché.

Tallage

À suivre : chargements de blé russe, résultats des investigations chinoises concernant l’orge australienne, négociations entre la Chine et les États-Unis, prix du pétrole, début de la récolte de soja au Brésil à la fin de décembre et au début de janvier.

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