Cette année, la Russie devrait avoir un potentiel exportable de 39 millions de tonnes de blé. C’est 5 millions de tonnes de plus que l’année dernière, l’Australie disposerait de 17 millions de tonnes soit 7 millions de tonnes de plus. Et l’Europe 23 millions de tonnes, soit 12 millions de tonnes de moins.

« La balance est à l’équilibre, mais cache des disparités de commercialisation : les périodes de moisson, les qualités et zones de destination sont différentes », explique Thierry de Boussac, du négoce Lecureur et membre du Synacomex, le 16 septembre 2020 à la suite du conseil spécialisé des grandes cultures de FranceAgriMer.

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Le cahier des charges algérien modifié

En Algérie, un changement du cahier des charges à l’importation, attendu pour le prochain appel d’offres à la fin de septembre, devrait ouvrir cette destination aux céréales de la mer Noire, révèle Thierry de Boussac. On ne connaît pas les conditions particulières de ce nouveau cahier des charges, ce n’est pas forcément défavorable au blé français », précise-t-il.

Le taux de grains punaisés pour les blés de la mer Noire devrait être porté à 0,5 % (0,1 % pour le blé français) mais le taux de protéines serait supérieur à celui du blé français. « Cette hausse du taux de grains punaisés sera certainement liée à une hausse du taux de protéines, ce qui pourra limiter la compétitivité de certaines origines. »

L’Égypte, « grand perdant »

Les principales destinations du blé européen resteront le Maghreb (hors Égypte), l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Iran, et l’Asie « qui est le point déterminant pour le marché français », poursuit Thierry de Boussac.

« L’Égypte est le grand perdant des exportations françaises et européennes en général », résume-t-il. La France et la Roumanie, deux origines importantes sur la destination égyptienne, voient leur production largement réduite cette année.

Le spécialiste note aussi une progression des importations cette année au Maroc : « Le gouvernement n’a pas rehaussé les taxes d’importation comme il le fait d’habitude à partir de la fin de mai. » Les importations du début de la campagne ont eu principalement lieu au départ de la mer Noire et de la mer Baltique.

La Chine, point déterminant pour la France

La France a un surplus exportable qui se situe entre 6 et 6,5 millions de tonnes. « Un point déterminant est la Chine, soulève Thierry de Boussac. Il est difficile d’estimer le volume d’importations chinoises au départ de la France, entre 1 et 2 millions de tonnes. » Environ 800 000 à 900 000 t de blé français ont déjà été commercialisées vers la Chine.

L’éloignement géographique n’est cependant pas en faveur de l’origine France. « L’Algérie sera le pendant de ce qui se passera en Chine. Historiquement, la France y exportait 5 millions de tonnes (entre 1,5 et 2,5 millions de tonnes attendues cette année) », rappelle-t-il.

L’Afrique de l’Ouest reste une destination pour le blé français (entre 1 et 1,5 million de tonnes), d’abord en raison de sa proximité géographique et « le prix du blé canadien est assez cher ». « La compétitivité du blé français, bonne au début de la campagne puis mauvaise à cause de la faible production, s’améliore depuis quinze jours. Le prix du blé russe a en effet augmenté d’une quinzaine de dollars, ce qui laisse envisager plus d’exportations sur l’Afrique de l’Ouest sur le dernier trimestre de 2020 », analyse-t-il. Il est à noter que la parité euro/dollar reste défavorable.

Enfin, l’Argentine devrait être un concurrent plus important que l’année dernière. L’Asie se tournera en effet vers l’Australie, qui a eu cette année une forte production. « Le blé argentin va favoriser les destinations de l’Afrique de l’Ouest et du Nord. Les qualités et quantités devraient être importantes, mais le pays souffre de la sécheresse », conclut-il.

Justine Papin

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