Dans l’ensemble, les marchés des grains sont dans l’attente des nouvelles récoltes qui commencent dans l’hémisphère Nord. Cette situation se traduit par une perte de terrain pour les prix du blé et de l’orge brassicole, une quasi-stabilité en maïs et en orge fourragère alors que le colza reste de marbre sur le marché physique mais s’affaisse sur Euronext poussé par la chute du soja et de l’huile de palme.

Blé : la pression baissière se poursuit

Pour la troisième semaine consécutive, les prix du blé ont encore lâché du lest sur le marché français pour se placer à 174,5 €/t rendu Rouen sur juillet-septembre (–2,5 €/t) et 175,5 €/t rendu La Pallice. Ils abandonnent ainsi 3 $/t en prix Fob, à 202 $/t. La tendance est en effet demeurée baissière sur le marché mondial cette semaine dans l’attente des récoltes — imminentes — et en l’absence de gros achats même si l’Indonésie et le Pakistan sont « au marché ».

La remontée des perspectives de récolte en Russie (nous prévoyions la récolte russe à 78 Mt le 10 juin et ce chiffre a peut-être encore un potentiel de hausse) et les bonnes conditions de remplissage dans l’ouest de l’Union européenne sont perçues comme des facteurs de pression pour le moment. Le Conseil international des céréales (CICE) vient d’ailleurs de remonter de deux millions de tonnes sa prévision de la récolte mondiale cette semaine.

Un bémol doit être mis en Europe : les pluies très récentes en pleine moisson ne sont pas les bienvenues en Roumanie et Bulgarie où elles risquent de dégrader encore plus la production et la qualité.

Dans ce cadre, la nouvelle révision en baisse de la production de blé publiée par la Commission européenne cette semaine apparaît cependant trop forte : la Commission prévoit une production de blé tendre de 117,2 millions de tonnes pour l’Europe sans le Royaume-Uni. Avec les conditions des dernières semaines, une production proche de 121 millions de tonnes (Royaume-Uni exclu) nous semble plus probable actuellement.

Les prix de la mer Noire se sont légèrement affaissés, à 198-200 $/t Fob (–3 $/t) pour le blé russe à 12,5 de protéine, 196 $/t pour le blé russe à 11,5 de protéine et 193 $/t pour le blé fourrager ukrainien. Bien qu’en baisse, les offres ne sont pas très abondantes actuellement, les producteurs attendant les résultats de la moisson.

On peut observer que les prix européens suivent à la baisse les prix de la mer Noire : le blé français ne laisse pas grandir l’écart entre son prix et celui de ses concurrents. Il lui faudrait toutefois réduire cet écart pour devenir vraiment attractif.

Statu quo en orge

Peu de changements sur le marché de l’orge fourragère cette semaine : les prix français restent stables à 158 €/t rendu Rouen (base juillet), soit 182 $/t Fob Rouen. Les orges concurrentes de la mer Noire ne bougent pas beaucoup non plus (174,5 $/t Fob), demeurant donc plus attractives que les orges françaises.

Les récoltes sont en cours en France avec des résultats qui viennent confirmer la baisse de production attendue même si les résultats sont encore très hétérogènes. Les prix s’affaissent en revanche avec les bonnes conditions climatiques des deux dernières semaines pour les variétés brassicoles (–2 €/t, à 166 €/t pour les orges d’hiver et 176 €/t pour les orges de printemps Fob Creil en base juillet).

Baisse du droit d’importation sur le maïs

Peu de changements aussi pour le maïs si ce n’est une légère hausse de 1 €/t sur les cotations Fob Rhin et Fob Bordeaux à 159 €/t pour les deux régions (base juillet pour les mois d’été). Avec la variation du droit d’importation qui vient d’être réduit à 4,65 €/t pour refléter le soubresaut récent à la hausse des prix mondiaux (10,4 €/t auparavant), le marché européen se retrouve plus ou moins isolé actuellement des variations de prix mondiales.

Or, la tendance est de nouveau à la baisse aux États-Unis (USA) où les conditions de culture sont bonnes sur la Corn Belt en raison de pluies récentes et de températures pas trop élevées. Elles influent donc les valeurs ukrainiennes et argentines. La situation mondiale du maïs demeure très lourde.

Le soja s’affaisse

Après une phase de hausse depuis la fin de mai — liée aux achats chinois — les prix du soja à Chicago se sont affaissés cette semaine à 319 $/t sur le rapproché (–3 $/t). Les cours sont comprimés par les bonnes conditions de développement des plantes aux USA et par le rebond des nouveaux cas de Covid-19 dans ce pays.

En fait, le prix du soja US à Chicago est maintenant plus élevé sur juillet que sur août et faisant suite au renchérissement des dernières semaines, les marges des triturateurs asiatiques, chinois notamment, se sont nettement dégradées. Cela commence à ralentir les achats, surtout pour le rapproché.

Au début de la semaine, le conseiller au commerce de la Maison Blanche a laissé croire à l’abandon de l’accord commercial USA-Chine avant que Donald Trump ne démente un peu plus tard annonçant que l’accord restait intact. Cet épisode a fait plonger les cours du soja lundi 22 juin 2020 avant que le démenti ne les fasse remonter.

Le soja a été affecté aussi cette semaine par l’effritement des cours du pétrole et la chute des cours des huiles végétales, menée surtout par l’huile de palme dont la demande reste encore affectée par les conséquences de la pandémie mondiale. Ainsi, même si les achats d’huile de palme se sont relevés depuis la fin de mai, voire le début de juin, le bilan mondial de cette huile sera lourd en fin de campagne et les prix le reflètent.

Le tourteau de soja se replie aux USA

À la suite des graines de soja, les tourteaux de soja voient aussi leur prix décrocher à Chicago cette semaine : ils abandonnent 4 $/t, à 314 $/t sur le rapproché, tirés également par la rechute des prix du maïs.

Néanmoins, cela n’affecte pas beaucoup les valeurs des tourteaux importés en France (dont le prix reste stable à 325 €/t à Montoir) car ces derniers n’avaient pas suivi la hausse américaine à la fin de mai.

Par ailleurs, le coût du transport maritime est en augmentation actuellement à cause de la reprise de l’activité chinoise et cela vient soutenir les prix à l’arrivée en Europe. Dans ce contexte, pas de changement pour le prix des pois fourrager, à 217 €/t départ Marne.

Le colza reste stable sur le marché physique

Les prix du colza français sont restés stables cette semaine, à 365 €/t rendu Rouen et 378 €/t Fob Moselle. Ils sont remontés rapidement au cours des dernières semaines après leur chute du début de juin avec l’amenuisement des disponibilités de l’ancienne récolte, et la réduction du potentiel de rendement dans l’Union européenne. L’ampleur des stocks d’huile de colza par endroits a toutefois freiné la demande, et est venue limiter la hausse des prix dernièrement.

La situation du colza européen reste malgré tout bien tendue et a laissé, cette semaine, le colza indifférent sur le marché physique à la baisse des prix du soja. Cette dernière, ainsi que l’amélioration des conditions de culture pour le canola au Canada, a quand même impacté les cotations du colza sur Euronext qui perdent 4 €/t sur les échéances d’août et de novembre.

Les prix devraient quand même rester soutenus sur l’ensemble de la campagne, à l’approche de l’hiver notamment car les stocks, à la fin de la prochaine campagne, s’annoncent très bas malgré le ralentissement attendu de la trituration.

Le tournesol poursuit sa hausse

Les stocks mondiaux de tournesol à la fin de la campagne de 2019-2020 vont reculer malgré la récolte record de 2019. Cela s’explique par une forte demande en huile de tournesol et des marges industrielles très rentables qui ont stimulé la trituration tout au long de la campagne.

Les stocks sont surtout prévus à la baisse en Russie et en Turquie et ils ne progresseront que très légèrement dans l’Union européenne et en Ukraine malgré la hausse de l’offre. Cette situation de tension de fin de campagne est en train de soutenir les prix qui ont gagné 10 €/t à Saint-Nazaire depuis la semaine dernière à 445 €/t (+15 €/t sur deux semaines) et 5 $/t en Ukraine (à 410 $/t Fob).

Tallage

À suivre : conditions climatiques dans l’hémisphère Nord pour leurs impacts sur les moissons des céréales à paille et du colza, sur le développement du maïs et du soja, prix du pétrole, évolution de la pandémie, niveau de la récolte de blé russe et pression-récolte dans ce pays

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Légère baisse du blé

Les prix du blé reculaient légèrement mardi 27 juillet 2021 en fin d’après-midi, dans un marché attentif à la progression de la moisson en Europe et chez les pays importateurs.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza en hausse, soutenu par l’huile de palme

Les prix du colza progressaient mardi 27 juillet 2021 sur le marché européen dans le sillage de l’huile de palme et du soja.