De nouveau, l’orientation a été haussière cette semaine pour les céréales mais les stocks de blé prévus en France en fin de campagne, et la compétition de la mer Noire en orge et blé risquent bientôt de freiner le mouvement.

Nouvelle hausse mais stocks élevés en France

À l’exception de l’Argentine où la récolte de blé, avec la fin des opérations, a été révisée en hausse de 1 Mt, à plus de 18 Mt, les prix du blé étaient orientés à la hausse cette semaine sur la plupart des places mondiales.

Le rapport du ministère américain de l’Agriculture (USDA) est venu temporiser le mouvement en révisant à la baisse les exportations américaines et donc à la hausse les stocks attendus aux États-Unis en fin de campagne.

Néanmoins, les prix ont gagné du terrain au cours de la semaine sur fond d’inquiétudes concernant la sécheresse sur les plaines de blé d’hiver aux États-Unis. Les achats de plusieurs catégories d’investisseurs décidant de réduire leur exposition vendeuse ont aussi contribué à la hausse.

Dans l’Union européenne (UE), le repli de l’euro face au dollar cette semaine a aussi encouragé la hausse, les prix du blé gagnant de 3 à 4 €/t en France, à 154,75 €/t rendu Rouen ou 155,25 €/t rendu La Pallice et 159,75 €/t sur Euronext pour l‘échéance de mars.

Sur le marché mondial, ce sont des gains de 1 $/t (blé fourrager en Ukraine) à 3 $/t qui sont observés (blé français), mais il est important de remarquer que les blés meuniers russes restent positionnés à 199 $/t Fob, un niveau stable et compétitif par rapport à celui de la semaine dernière.

Concurrence britannique

Malgré l’amélioration des exportations au départ de la France en décembre, les perspectives de ventes françaises vers pays tiers auront beaucoup de mal à dépasser 8,5 Mt. La performance des ventes en intracommunautaire (8,5 Mt aussi) s’annonce bonne mais des questions de logistique risquent de se poser dans le nord de la France pour les expéditions vers le Benelux et le Royaume-Uni revient concurrencer la France à destination du sud de l’UE.

Ainsi, malgré la hausse récente des prix, il ne faut pas perdre de vue le manque de compétitivité français sur les pays tiers et les inquiétudes mentionnées ci-dessus en intracommunautaire, si bien que les stocks français en fin de campagne seront importants. Cela devrait freiner le mouvement de hausse des prix.

Les orges françaises plus chères que celles de la mer Noire

Sur le segment fourrager, les orges françaises ont gagné presque 5 €/t cette semaine, à 155,25 €/t rendu Rouen. Cette hausse doit être attribuée à l’influence du blé, mais aussi aux exportations soutenues actuellement suite à une demande chinoise revue à la hausse.

La Chine, d’ailleurs, a annoncé qu’elle lancerait des investigations antidumping sur les importations de sorgho américain. Cela inquiète les importateurs et pourrait venir favoriser les utilisations de maïs local ou d’orge importée. Il s’agit donc d’un facteur plutôt haussier pour l’orge.

D’un autre côté, la compétitivité des orges françaises se dégrade cette semaine face à celles de la mer Noire qui ont vu leur prix stagner (Russie) et même baisser de 5 $/t au départ de l’Ukraine. Comme pour le blé, cela pourrait venir temporiser le mouvement de hausse récent des prix européens.

Sur le segment brassicole, les prix ont au contraire chuté en l’absence de transactions. Le Fob Creil brassicole perd 2 €/t en orge d’hiver à 151 €/t et 4 €/t en orge de printemps à 192 €/t.

Le maïs toujours soutenu par la météo

Comme pour le blé, le marché mondial du maïs a vu la plupart des places s’apprécier cette semaine, les prix gagnant de 1 $/t en Ukraine à 5 $/t en Argentine. En France, le Fob Bordeaux s’est apprécié nettement de 5 €/t, à 151,5 $/t, et le Fob Rhin de 1 €/t, à 158,5 €/t.

Le maïs est soutenu actuellement sur le marché mondial par la sécheresse en Argentine, les estimations officielles au Brésil qui révisent en baisse les semis de la seconde récolte (ce qui n’est pas une surprise), l’investigation antidumping sur le sorgho en Chine (qui pourrait profiter à la demande de maïs).

Parallèlement, le maïs américain est très compétitif et les exportations américaines ont été revues à la hausse par l’USDA dans sa publication de jeudi et cela a constitué un facteur perçu comme plutôt haussier.

Le bilan mondial du mais reste pourtant lourd avec des stocks très élevés attendus en fin de campagne. Pour l’instant, c’est encore la météo qui va donner le tempo dans les prochains jours avec des risques de retour à une situation sèche en Argentine après les pluies de ces jours-ci.

Sans surprise, le soja reste stable

Sans surprise, le rapport de l’USDA reflète la vision que le marché a développée au cours des dernières semaines. Le soja gagne 1 $/t et s’affiche à 363 $/t à Chicago au 8 février. Du côté de la production, il semblait déjà assez clair à la fin de la semaine dernière que les rendements de la récolte brésilienne pourraient être revus à la hausse compte tenu des bonnes conditions de culture, alors qu’inversement les rendements avaient à nouveau pâti du manque d’eau en Argentine depuis le mois dernier.

L’addition de ces éléments étant pratiquement neutre pour les prix, il aurait été possible que la nouvelle révision à la baisse des exportations des États-Unis, conduisant à un alourdissement du bilan américain, puisse avoir un effet baissier. Pas du tout, cet élément était aussi intégré par le marché depuis bien longtemps, de la même façon que le Brésil devrait fournir au marché mondial les fèves qui ne partiront pas des États-Unis.

Concernant ce dernier point, il semble probable que la récolte brésilienne accuse un certain retard, auquel cas le prix du soja serait soutenu à court terme par la forte demande mondiale.

Légère progression du colza

En Europe, les cours du colza s’affichent en hausse de 4 €/t rendu Rouen, de 5 €/t Fob Moselle, et de 3,5 €/t sur Euronext depuis la semaine dernière. En l’absence d’éléments marquants concernant les fondamentaux du marché, la graine néglige la baisse du pétrole et profite de la fermeté du dollar et de l’huile de palme. Les conditions des plants semblent convenables dans l’UE et en mer Noire jusqu’à présent.

Au Canada, le canola perd 4 $/t exprimé en US$ mais suit la variation enregistrée dans l’UE si exprimé en CAN$ (+6 CAN$/t).

Les cours du tournesol à Saint-Nazaire sont reconduits, à 310 €/t.

Les inquiétudes en Argentine soutiennent le tourteau de soja

Le tourteau de soja enregistre une hausse de pratiquement 9 $/t à Chicago faisant suite à la confirmation des inquiétudes sur la récolte en Argentine par les principaux analystes. La hausse est encore plus importante exprimée en euro à la suite du renforcement du dollar : le tourteau de soja est en hausse de 15 €/t à Montoir.

Le pois départ Marne est stable à 170 €/t.

Tallage

À suivre : la sécheresse aux États-Unis et en Argentine, les besoins d’orge et de maïs chinois, la compétition de la mer Noire, le prix du pétrole, de déroulement de la récolte de soja au Brésil.

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.