Contrairement à la semaine dernière, les prix se relèvent légèrement cette semaine sur fond climatique et de discussions à venir entre la Chine et les USA.

Léger rebond en blé

L’activité est restée de nouveau assez faible cette semaine, beaucoup d’organismes stockeurs n’ayant pas encore rouvert en France alors que les pays de la mer Noire entraient dans la période de vacances hivernales (nouvelle année et Noël orthodoxe) à partir du 30 décembre jusqu’au 8 janvier.

Malgré cette trêve, les prix se sont ajustés à la hausse sur le marché physique français, gagnant environ 2 €/t dans la plupart des régions, à 202 €/t rendu Rouen ou 194 €/t Fob Moselle. Les places physiques ont suivi les marchés à terme, Chicago et Euronext dont l’échéance de mars 2019 se situe à l’heure actuelle à 206,5 €/t, en hausse de 3 €/t par rapport à la semaine dernière.

Cette échéance de mars 2019 affiche aussi une progression de 31,5 €/t par rapport à son niveau du 4 janvier 2018. En effet, malgré la pression russe qui s’est exercée au début de cette campagne, les prix se retrouvent nettement supérieurs à ceux de l’an dernier à la même date et cela est dû à la nette réduction de la production mondiale.

Sur ces derniers jours, ce sont surtout des raisons climatiques qui ont déclenché le léger mouvement de reprise. Des vagues de froid s’annoncent en mer Noire et sur les plaines du sud aux USA pour les prochains jours. D’autre part, la récolte a bien avancé en Argentine mais les craintes concernant des dommages qualitatifs (à cause des pluies importantes tombées sur les plantes à maturité) restent élevées.

Par ailleurs, le fait que les opérateurs russes soient actuellement en retrait du marché a aussi contribué à cette légère reprise. Il faudra attendre encore plusieurs jours pour connaître le détail du plan russe d’aide au transport et évaluer son impact potentiel à la hausse sur la capacité d’exportation de ce pays.

Un marché du blé en transition

Enfin, la Chine et les USA devraient de nouveau reprendre des discussions commerciales la semaine prochaine et cela suscite des espoirs de nouvelles ventes, de soja surtout, qui soutiennent aussi les prix du blé US.

Cette semaine, l’Éthiopie a lancé un appel d’offres pour 400 000 tonnes de blé et l’ONU a acheté 20 000 tonnes de blé ukrainien pour le Yémen. La Jordanie de son côté à rouvert un appel d’offres pour 120 000 tonnes après avoir clôturé le précédent sans rien acheter la semaine dernière.

Le marché mondial du blé est encore actuellement dans une période de transition. Il conviendra de suivre de près le rythme des chargements russes sur janvier et février pour valider ou non l’hypothèse (qui nous semble toujours la plus probable) d’une réduction notoire des exportations de ce pays sur le second semestre de la campagne.

Les céréales fourragères suivent

L’orge fourragère suit de nouveau le blé cette semaine et gagne 2 €/t, à 201 €/t rendu Rouen et 195 €/t Fob Moselle. Elle se retrouve maintenant légèrement plus chère que l’orge ukrainienne sur le marché mondial mais cela ne devrait pas limiter les exportations françaises ni européennes en raison de la faiblesse des disponibilités sur le marché mondial. Pas de cotations brassicoles dans un marché atone.

Du côté du maïs, c’est aussi un mouvement très légèrement haussier qui a dominé cette semaine sur la façade atlantique (+1€/t, à 180 €/t Fob Bordeaux) alors que les prix s’affaissaient plutôt Fob Rhin (–1 €/t, à 175 €/t). Les prix de la façade atlantique ont été influencés par la montée des prix ukrainiens (+5 $/t en une semaine à la suite d’exportations soutenus). Les prix US, quant à eux, sont restés quasi stables, comprimés par les incertitudes concernant le secteur de l’éthanol (marges basses et fermetures d’usine) et les perspectives de bonnes récoltes à venir en Amérique du Sud, au Brésil notamment où la sécheresse actuelle pourrait conduire à un report de surfaces du soja vers le maïs.

Les importations ont ralenti en Europe mais elles restent élevées, à 480 000 tonnes déclarées cette semaine.

En raison du Shutdown, impasse budgétaire qui paralyse une partie des administrations américaines, l’USDA devrait annoncer un peu plus tard aujourd’hui s’il maintient la publication de son rapport mensuel sur l’offre et la demande mondiale et ses rapports sur les stocks et les semis prévus la semaine prochaine.

Le soja repart en hausse

Le soja américain gagne du terrain en ce début d’année soutenu par l’espoir d’une résolution prochaine du conflit commercial entre les USA et la Chine. Une rencontre est attendue la semaine du 7 janvier entre des responsables des deux pays, visant à apaiser les tensions et à trouver un compromis qui permettrait aux producteurs américains d’écouler leurs stocks de soja vers la Chine. De plus, malgré l’absence de déclarations officielles par l’USDA en raison du shutdown qui se poursuit depuis le 22 décembre, les rumeurs sur des nouveaux achats chinois effectués cette semaine ont consolidé les cours à Chicago.

Par ailleurs, au centre-ouest du Brésil, la forte sécheresse survenue à un stade délicat de remplissage des graines inquiète les opérateurs du marché mondial. En l’absence de précipitations dans les semaines, voire les jours à venir, cette situation pourrait impacter les rendements potentiels dans cet important bassin de production.

Au vu de ces éléments, le prix du soja à Chicago réalise un gain de 11 $/t, à 331 $/t, depuis la semaine dernière.

Nette réaction haussière du colza

Le colza français suit la progression du soja et gagne cette semaine 4 €/t en Fob Moselle (à 367 €/t) et à Rouen (à 364 €/t) et 5 €/t sur Euronext à 367,25 €/t. Le marché des huiles soutient aussi les prix du colza. Les cours de l’huile de palme ont été tirés vers le haut par la récente décision du gouvernement indien de réduire les taxes sur les importations de 44 % à 40 % pour l’huile brute et de 54 % à 50 % pour l’huile raffinée. L’huile malaisienne raffinée bénéficie même d’une baisse plus marquée à 45 % du droit qui lui est appliqué par l’Inde.

Ainsi, une hausse des importations indiennes est maintenant attendue qui permettrait d’écouler en partie les stocks historiquement élevés d’huile de palme dans en Asie du Sud-Est. Enfin, les cours du pétrole se sont raffermis en début d’année en raison de la baisse de production dans plusieurs pays de l’Opep, ce qui a apporté un soutien supplémentaire aux prix des huiles et du colza par ricochet.

Au Canada, les cours du canola suivent la tendance haussière du marché mondial et réalisent un gain important de 6 $/t, à 360,5 $/t.

Le tournesol stagne à un niveau bas

Contrairement aux autres graines oléagineuses, les prix du tournesol demeurent stables cette semaine, à 300 €/t à Saint-Nazaire et à 342,5 $/t en Ukraine. La production mondiale record a empêché le tournesol de progresser depuis quelques semaines malgré la demande industrielle soutenue. Notons que la Turquie a annoncé la suppression de la taxe d’importation de 13 % sur le tournesol sur le premier semestre de 2019, dans le cadre de la lutte contre l’inflation et pour soutenir les triturateurs locaux qui importent plus de 600 000 tonnes de tournesol par an. Cette mesure devrait promouvoir les achats turcs en provenance de la mer Noire.

Les tourteaux en hausse

Les tourteaux de soja profitent du rebond de la graine : ils gagnent 10 $/t à Chicago, à 345 $/t (prix le plus élevé depuis début novembre 2018), et 5 €/t à 332 €/t, à Montoir. Les cours mondiaux n’ont pas été affectés par le signalement d’un nouveau foyer de peste porcine en Chine dans une ferme de plus de 70 000 porcs à Heilongjiang. Rappelons que la Chine a signalé près d’une centaine de cas de peste porcine depuis sa première apparition dans le pays en août 2018, et est suspectée par plusieurs autres pays de sous-estimer l’ampleur de l’épizootie qui la touche actuellement.

À SUIVRE : subventions transport en Russie, rythme d’exportation russe, qualité du blé argentin, sécheresse au Brésil, évolution des négociations sino-américaines, évolutions des cours du pétrole et de l’huile de palme, météo en mer Noire (risques de pertes hivernales pour le colza).

Tallage
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