Retournement : la chute des cours mondiaux se propage à la France en maïs et en blé alors que les prix de l’orge restent soutenus par la demande saoudienne.

Blé : le mouvement baissier se propage à toutes les origines

Les pluies aux USA ont vraiment calmé les esprits et permis aux prix US de poursuivre la baisse entamée les semaines passées. Les prix des blés SRW (qualité meunière moyenne) ont perdu 10 $/t et les blés HRW (qualité supérieure) ont abandonné 15 $/t. Fort mouvement de correction donc qui s’est propagé aussi aux prix russes qui commencent aussi à marquer le pas (-2 $/t sur la semaine à 210 $/t pour des taux de protéine à 12,5 %).

L’apaisement des opérateurs US a donc contribué à cette baisse des prix mais le retour des pluies dans certaines zones d’Argentine, influençant à la baisse le maïs et le soja, ont aussi renforcé la baisse du blé.

En Europe, les perspectives de récolte restent bonnes même si l’impact des conditions très humides en France est à surveiller de près. Les ventes de blé européen à l’export ont été très faibles cette semaine (10 800 tonnes seulement), un niveau hebdomadaire parmi les plus bas des trois dernières années. Cela illustre toujours la compétition forte que les blés de la mer Noire continuent d’exercer face aux blés européens.

Les blés français sont pourtant moins chers maintenant que les blés fourragers ukrainiens à destination de l’Asie, mais cela ne devrait pas leur permettre de gagner beaucoup de demande complémentaire car les maïs US ou argentins demeurent les plus attractifs sur cette région du monde. Sans ce contexte, les prix du blé à Rouen ont abandonné 1 €/t cette semaine à 155,75 €/t en base juillet.

L’orge résiste encore

Après les chargements de la semaine dernière à l’Arabie, l’orge française demeure soutenue par le nouvel appel d’offres que ce pays vient de lancer pour un peu plus de 1 million de tonnes. Même si les offres australienne et russe sont à considérer de près, l’origine européenne pourrait aussi en profiter.

Les orges françaises gagnent donc encore presque 1 €/t cette semaine à Rouen à 164,25 €/t en base juillet. Du côté brassicole, le retard des semis de printemps se creuse encore (38 % des orges de printemps semées au 19 mars contre 77 % à la même date l’an dernier). Cela soutient les prix brassicoles de printemps de la nouvelle et de l’ancienne campagne qui gagnent respectivement 1 €/t (à 193 €/t base juillet) et 2 €/t en ancienne campagne (à 182 €/t base juillet). Malgré ce retard, les perspectives de production européennes restent correctes et attendues en hausse par rapport à l’an passé.

En maïs, la bulle se dégonfle

Après la hausse des dernières semaines, la tension est retombée en maïs avec l’arrivée de pluies en Argentine et les bonnes perspectives de semis aux USA.

En Chine, les prix soutenus du maïs suite au développement des utilisations (bioéthanol notamment) pourraient conduire à une hausse des surfaces et cela est de nature baissière également. Par ailleurs, les menaces de taxation des maïs US par plusieurs importateurs en réponse aux velléités protectionnistes du gouvernement américain sur l’acier et l’aluminium ont probablement contribué aussi à la rechute des prix américains.

Dans ce cadre, l’UE avait menacé cette semaine les USA d’imposer des taxes à l’importation des maïs US. Cela aurait été symbolique puisque les importations de maïs en provenance des USA ne représentent que 5 % des importations européennes. Toutefois, cette mesure ne semble plus de mise depuis la décision cette nuit du gouvernement Trump d’épargner l’UE dans la guerre des métaux.

Les prix US perdent ainsi 4 $/t cette semaine et entraînent toutes les autres origines dans la foulée. Même les maïs ukrainiens voient leur prix chuter en raison d’un ralentissement des ventes à la Chine pour des raisons de très grande exigence qualitative de la part de cet importateur.

Les maïs français suivent donc à la baisse (-2,05 €/t Fob Rhin à 165,5 €/t en base juillet), afin de défendre leur bout de terrain face aux maïs importés.

Le soja recule, mis à l’écart dans la guerre commerciale US-Chine

Depuis la semaine dernière, les prix du soja ont reculé de 4 $/t sur le marché à terme de Chicago, à 377 $/t sur le rapproché. Les récents développements dans les différends commerciaux qui opposent les États-Unis à la Chine ont rassuré les opérateurs du marché du soja. En effet, en réponse à la mise en place par le président Trump de taxes à l’importation pour de nombreux produits chinois, la Chine a publié une liste de produits américains dont elle pourrait elle-même augmenter les taxes à l’importation. Le soja US, dont la Chine pourrait difficilement se passer, reste, pour l’instant, à l’écart de la dispute.

En Argentine, après un regain d’optimisme suite aux pluies tombées ces jours-ci, les conditions de culture restent néanmoins préoccupantes. D’une part, le temps est prévu encore sec dans les quinze prochains jours et d’autre part, les températures avoisinent déjà les 0 °C localement. La bourse de Buenos Aires a d’ailleurs revu sa prévision de production sous les 40 millions de tonnes (55 Mt récoltées l’an dernier). Cela donne au Brésil l’opportunité d’accroître encore davantage ses exportations de soja. Les chargements atteignent déjà des niveaux records en mars.

Les États-Unis pourraient aussi avoir leur mot à dire, d’autant plus que les sojas US sont maintenant compétitifs vers les destinations asiatiques dès les mois d’été. Les ventes à l’export se sont d’ailleurs redynamisées ces dernières semaines. Jeudi prochain, la publication par le département américain de l’agriculture des intentions de semis des agriculteurs sera à suivre de près. Elle confirmera, ou non, la hausse prévue des surfaces de soja aux États-Unis.

Léger repli du colza avec la fin des droits de douane anti-dumping pour le biodiesel

Les prix du colza ont continué à baisser légèrement sur la semaine écoulée. Ils perdent ainsi 1 €/t rendu Rouen, et sont stables en Fob Moselle. Sur Euronext, l’échéance mai recule de 1,75 €/t. Suite à la décision de la Cour européenne de Justice (sous l’injonction de l’OMC), les droits de douane mis en place depuis cinq ans sur les biodiesels indonésiens (et argentins) sont abandonnés par l’Union européenne. Les conséquences de cette décision sont encore difficiles à évaluer mais pourraient peser sur la demande en graines oléagineuses européennes.

Au Canada, le canola est stable, à 402 $/t.

Le cours du tournesol à Saint-Nazaire reste inchangé, à 317 €/t.

Nouveau retrait du prix des tourteaux

Les cours des tourteaux ont de nouveau reculé cette semaine. À Chicago, le prix sur le rapproché a perdu 3 $/t. À Montoir, il a baissé de 2 €/t. Les pluies récentes en Argentine ont pesé sur les cours, même si les pertes de récolte semblent irréversibles à ce stade.

Le prix du pois départ Marne est stable cette semaine à 170 €/t.

À SUIVRE : semis des céréales de printemps, guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, publication des intentions de semis de printemps aux États-Unis, conditions climatiques en Argentine.

Tallage
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Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
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Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.