C’est le statu quo cette semaine sur le marché des céréales en France avec des prix qui s’essoufflent en blé comme en orge, et qui restent sous la pression sud-américaine en maïs.

Le blé stable dans l’UE avec toujours une forte compétition

Très peu de mouvement sur le marché du blé français cette semaine (+ 0,5 €/t à 156,75 €/t rendu Rouen en base juillet). Les prix restent contenus par la compétition forte qui s’exerce encore sur le marché mondial comme en atteste la suprématie russe parmi les origines qui ont servi l’Égypte cette semaine.

Ce pays en effet d’acheter un gros volume, 475 000 tonnes, dont 75 % en blé russe (355 000 tonnes) et le reste en blé roumain. C’est donc l’origine russe qui était proposée de nouveau la moins chère, entre 217 et 220 $/t Fob. Une offre française a été proposée, et cela illustre le resserrement qui s’est opéré entre les blés français et les blés de la mer Noire, mais elle se trouvait toutefois loin derrière, à 225 $/t Fob.

Moins d’inquiétudes aux États-Unis

Le marché mondial du blé a été soumis cette semaine à une nouvelle baisse puis à la stabilisation des prix aux États-Unis où l’amélioration légère de l’état des cultures dans les plaines de production de blé d’hiver continue de rassurer les opérateurs. Les blés américains ont ainsi perdu 5 $/t pour ceux de qualité moyenne SRW (à 194 $/t Fob) et 2 $/t pour les HRW (bonne qualité meunière) à 216 $/t Fob.

Tardivement hier soir, l’USDA a publié ses estimations concernant les surfaces de printemps aux États-Unis : pour le blé, la surface était attendue en hausse mais elle devrait augmenter plus fortement que ce que la moyenne des opérateurs avait prévu. Cela a constitué un élément plutôt baissier ce jeudi soir et a permis au blé de résister à la forte hausse observée à Chicago en soja et en maïs, deux cultures pour lesquelles les surfaces ont été annoncées plus basses qu’attendu.

Une demande mondiale de blé prévue en hausse

Malgré ces facteurs plutôt baissiers, plusieurs éléments importants sont venus récemment confirmer la vigueur de la demande mondiale que nous attendons pour la prochaine campagne : l’Inde n’a pas remonté sa taxe à l’importation ce qui confirme, que malgré des chiffres officiels assez élevés, sa récolte 2018 (en cours) n’est pas si bonne que cela.

En Chine, le prix du blé payé aux producteurs est en baisse. C’est la première fois depuis l’application du système actuel de soutien à cette culture. Les industriels chinois se préparent à accroître leurs utilisations en meunerie.

L’orge s’essouffle

Les prix de l’orge fourragère française sont stables ou en légère baisse cette semaine que ce soit sur le marché intérieur ou sur le marché mondial. À Rouen, les prix ont perdu presque 2 €/t (à 162,5 €/t en base juillet). Ce qui conduit à des prix en dollar de 215 $/t (- 1 $/t depuis la semaine dernière).

L’Arabie vient pourtant d’acheter plus de 1 million de tonnes et la France est bien placée pour en profiter. Néanmoins, la concurrence va se poursuivre avec les orges russes et argentines, les Australiennes s’exportant surtout vers la Chine.

Par ailleurs, sauf si la récolte a été surestimée, les stocks d’orge en France devraient rester confortables en fin de campagne et les difficultés logistiques qui s’annoncent en France pour le prochain mois pourraient entraver leur mouvement, risquant de peser sur les prix départ mais de faire au contraire repartir à la hausse le prix dans les ports.

Du côté brassicole, le retard des semis de printemps a été en partie rattrapé cette semaine (67 % des semis réalisés contre 38 % la semaine passée). Les semis demeurent toutefois en retard par rapport à la campagne passée où ils étaient quasiment terminés à cette date. Cette avancée a sûrement calmé les inquiétudes si bien que les prix des orges de printemps se sont affaissés de 3 €/t depuis la semaine dernière.

Baisse des surfaces de maïs aux États-Unis

La surprise de la semaine concerne le maïs américain : comme mentionné plus haut, l’USDA vient donc de publier sa première estimation des semis 2018 et celle-ci, à 35,6 millions d’hectares, affiche une forte baisse par rapport à l’an dernier (36,5). Les opérateurs attendaient une chute moins marquée, si bien que le marché de Chicago a réagi en nette hausse à l’annonce officielle.

De l’autre côté de l’Atlantique, en Ukraine, les prix sont repartis aussi à la hausse après la pause de la semaine dernière. Cela est dû la raréfaction des volumes de bonne qualité. Ainsi, malgré le début de la récolte en Argentine et malgré des stocks en très forte progression au 1er mars aux États-Unis par rapport à l’an dernier, c’est un mouvement de hausse qui l’emporte cette semaine sur le marché mondial du maïs.

La marchandise ukrainienne gagnant 4 $/t à 201 $/t Fob, les maïs américains 2 $/t à 182 $/t Fob, et les maïs argentins 1 $/t à 185 $/t Fob. Les maïs français suivent timidement en dollar, + 1 $/t Fob Bordeaux à 204 $/t, et restent stables en euros sur la façade atlantique. En revanche, ils abandonnent 2 €/t en position Fob Rhin, talonnés par les maïs argentins, ces derniers étant bien positionnés pour servir la demande du nord de l’Union européenne.

Le soja soutenu par une potentielle baisse de la surface américaine

La cotation du soja à Chicago a trouvé du soutien (+5,5 $/t à 384 $/t) dans la publication des prévisions de surface du département américain de l’agriculture (USDA), qui, contre toute attente, indique une surface de soja en recul de 1 % par rapport à la campagne passée. Le soutien apporté par cette prévision reste néanmoins contraint à la fois par des stocks attendus élevés à la fin de la campagne en cours en Amérique du Nord, et par les incertitudes concernant la Chine qui pourrait mettre en place des barrières à l’importation sur le soja en provenance des États-Unis.

Ces deux éléments semblent d’ailleurs encore avoir joué en faveur d’un regain de compétitivité du soja américain sur la scène internationale ces derniers jours. Toutefois, compte tenu des volumes exportés par les États-Unis depuis le début de la campagne et de la férocité de la concurrence sud américaine, il reste peu probable que les États-Unis parviennent à se séparer de la totalité de leurs surplus.

Dans la moitié sud du continent américain, les producteurs argentins ont récolté plus de 10 % des surfaces et font état de rendements globalement inférieurs à l’année passée. Il faudra encore attendre quelques jours pour avoir une idée concrète de l’impact réel de l’aléa climatique qui soutient le marché depuis fin 2017.

La situation est en revanche bien plus précise au Brésil ou il ne reste plus qu’environ 25 % des surfaces à récolter. Les rendements sont sans surprise excellents. Associés à une surface historiquement élevée, ils devraient permettre l’atteinte d’un nouveau record de production.

Un contexte peu porteur pour le colza

Les cours du colza continuent de subir la pression des importations de biodiesel en provenance d’Argentine, à l’image de la fermeture temporaire annoncée en début de semaine d’une importante usine de production de biodiesel en Allemagne.

Le prix du colza s’est néanmoins maintenu autour de 346 €/t cette semaine sur Euronext pour le contrat mai 2018, dans un contexte plutôt baissier au niveau mondial tout comme dans l’Union européenne, avant de profiter de la hausse du soja pour finalement gagner 1 €/t ce jeudi par rapport à la semaine dernière.

De la même façon, les cotations évoluent peu pour le colza Fob Moselle (+2,5 €/t) et pour le canola au Canada (+2,8 $/t), alors que colza rendu Rouen est stable à 334 €/t.

Le cours du tournesol à Saint-Nazaire reste inchangé, à 317 €/t.

Forte hausse du tourteau de soja à Chicago

Les craintes concernant un manque potentiel de disponibilité en tourteau de soja au niveau mondial ont encore été accentuées cette semaine par les troubles sociaux menaçant l’Argentine. Ces craintes, conjuguées à la publication par le département américain de l’agriculture de surface de soja en baisse en 2018 aux États-Unis, ont entraîné une forte hausse du prix du tourteau de soja à Chicago.

Il est en progression de 18 $/t sur le CBOT (Chicago Board of Trade) par rapport à la semaine dernière. Les dernières cotations après la hausse du marché de Chicago ne sont pas encore disponibles dans l’Union européenne. Le report de la hausse enregistrée à Chicago sur les prix européens, comme sur les prix mondiaux, devrait logiquement conduire à un rationnement de la demande en tourteau de soja dans les jours à venir.

Timidement, le prix du pois départ Marne profite de la hausse du complexe soja pour gagner 2 €/t à 172 €/t.

Tallage

À suivre : répartition entre exportateurs du million de tonnes achetées récemment par l’Arabie Saoudite, développement des cultures d’hiver et de printemps dans l’hémisphère nord, guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, retours de récolte en Amérique du Sud

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Une embellie de courte durée en blé

« L’embellie n’a pas duré longtemps », souligne Sitagri, alors que le blé était marqué le 24 mai 2022 à la baisse, après avoir rebondi au début de la semaine. À Chicago, les marchés ont en effet clôturé mardi en ordre dispersé : le blé a cédé 35 c et le maïs 14 c.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza cède du terrain

Le colza clôturait en baisse hier et s’ouvrait en baisse également sur Euronext le 25 mai 2022 au matin. Il « évolue globalement dans un range relativement étroit depuis quelques semaines », note toutefois Agritel.