Des agriculteurs manifestent depuis plusieurs jours à travers l’Espagne pour dénoncer les « prix de misère » auxquels ils vendent leurs produits aux intermédiaires et à la grande distribution.

De nouvelles manifestations ont eu lieu le 31 janvier 2020 dans les provinces d’Avila (centre) et de Soria (nord-est) en Castille-et-Léon. Un nouveau rassemblement est prévu le 5 février 2020 à Madrid.

Heurts avec les forces de l’ordre

Le 28 janvier, une de ces manifestations a été marquée par des heurts entre agriculteurs et forces de l’ordre à Don Benito en Estrémadure (sud-ouest) aux abords de la foire agricole à laquelle participait le ministre de l’Agriculture Luis Planas. Le 30 janvier, des producteurs d’olives ont coupé des routes dans la province de Jaen (sud-est) en Andalousie.

Prix bas et coûts de production

Les trois principaux syndicaux agricoles – Asaja, COAG et UPA – ont appelé à ces mobilisations pour « dénoncer la grave situation de manque de rentabilité » des exploitations. Ils dénoncent « les prix bas » offerts aux producteurs et l’augmentation des coûts de production. « Les prix auxquels on nous paie sont des prix de misère », a ainsi dénoncé mercredi Ignacio Huertas, secrétaire général de l’UPA en Estrémadure à la télévision publique.

Augmentation du salaire minimum

Au-delà des prix, pour l’Asaja, le syndicat le plus important du secteur en Espagne (200 000 affiliés), « la goutte qui a fait déborder le vase » est l‘ augmentation du salaire minimum annoncée la semaine dernière pour 2020 après le bond de 22 % de 2019.

Un argument rejeté notamment par le syndicat UGT. Son dirigeant, Pepe Alvarez, a appelé à ne pas se laisser influencer par « la droite vieux jeu des propriétaires terriens qui tente de maintenir une situation de soumission dans les campagnes ».

« Aucun pouvoir de négociation »

L’Asaja insiste sur l’idée que le producteur « n’a aucun pouvoir de négociation par rapport à ce qu’il vend », et que la grande distribution profite de cette situation. « Les règles du jeu doivent changer parce que nous, les agriculteurs et éleveurs, n’en pouvons plus », a insisté le secrétaire général d’UPA, Lorenzo Ramos, dans un communiqué vendredi, le 31 janvier 2020.

Selon l’Asaja, ces prix trop bas affectent notamment les secteurs du lait, des fruits et légumes ou encore de l’olive, l’Espagne étant le premier producteur mondial d’huile d’olive. L’oléiculture espagnole est déjà victime des droits de douane punitifs imposés depuis octobre par les États-Unis sur des produits européens.

Avec l’AFP