Après l’action nocturne du jeudi 6 février 2020, la FDSEA et JA du Nord ont maintenu la pression ce vendredi 7 février. 150 agriculteurs et une centaine de tracteurs se sont retrouvés à Douai pour déverser les déchets ramassés le matin même au bord des champs et des chemins ruraux : opération « retour à l’envoyeur ». Les agriculteurs ont par ailleurs épandu des boues de station d’épuration dans le centre-ville et sur quelques ronds-points.

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Une distorsion de concurrence

Le but de cette opération est toujours le même : dénoncer les ZNT. « Ce décret est inacceptable, explique François Fontenier, le vice-président de l’Union agricole de Douai (section locale de la FDSEA). Nous revendiquons une distance de 0 mètre. »

« D’une part, notre gouvernement impose des normes supplémentaires aux agriculteurs français, et de l’autre, il laisse toujours entrer sur le marché français des produits alimentaires traités avec des substances interdites en France. Tout cela, au mépris de l’article 44 de la loi EGAlim, qui interdit la commercialisation de produits ne respectant pas les standards européens », explique la FDSEA du Nord.

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Les chartes de bon voisinage ignorées

François Fontenier précise que les produits interdits aux abords des habitations sont utilisés à l’intérieur même des maisons (insecticide ménager, produit antipuces, vermifuge). Les productions du Nord sont majoritairement des cultures à forte valeur ajoutée. À l’échelle du département, les ZNT à 20 mètres entraînent une perte de chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, selon la FDSEA.

Avant le début de la manifestation, les responsables des deux syndicats ont reçu de la FNSEA des précisions sur ce décret. Cependant, pour le vice-président de l’Union agricole de Douai, il reste encore trop de flou juridique. Il dénonce aussi la non-prise en compte dans le décret des chartes de bon voisinage mise en place au préalable.

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« On ne nous écoute pas »

L’agriculteur regrette d’avoir à déverser des détritus dans le centre de la ville pour se faire entendre. « C’est dommage d’en arriver là, mais on est obligé puisqu’on ne nous écoute pas. C’est comme pour les gilets jaunes et les pompiers. » De nombreuses tentatives de dialogue ont été réalisées auparavant auprès des pouvoirs publics. Mais aux yeux de François Fontenier, elles se sont révélées infructueuses.

Renaud d’Hardivilliers