Si on savait déjà que l’incidence de la maladie de Parkinson est plus élevée parmi les exploitants agricoles affiliés à la MSA que dans le reste de la population, une nouvelle étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire vient le confirmer. Elle précise aussi que, parmi la population non agricole, « cette incidence augmente avec l’augmentation de la proportion de terres consacrées à l’agriculture au sein des cantons. Parmi les différents types d’activités agricoles, les cantons avec une forte densité de cultures viticoles étaient caractérisés par une incidence plus élevée de maladie de Parkinson. »

Une exposition environnementale aux phytos

L’étude conclut donc que « ces résultats suggèrent que l’exposition environnementale aux pesticides pourrait être associée à la maladie de Parkinson et que le nombre de cas de maladie de Parkinson attribuable aux pesticides pourrait être plus élevé que si seule l’exposition professionnelle était impliquée. » L’étude fait même référence à trois méta-analyses récentes qui sont « en faveur d’un lien entre l’exposition aux pesticides et la maladie de Parkinson, avec des associations plus fortes pour l’exposition aux herbicides et insecticides ».

Réduire l’exposition des agriculteurs et des riverains

Pour la neurologue Marie Vidailhet dans l’éditorial de ce numéro du BEH édité par l’agence sanitaire Santé publique de France, « ces résultats justifient la surveillance de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs et la poursuite d’études sur le rôle de l’exposition non-professionnelle aux pesticides en population générale. Ils plaident également en faveur de la réduction de l’exposition aux pesticides des agriculteurs et des riverains des cultures, notamment viticoles. »

Pour François Veillerette, porte-parole de Générations futures, cette étude doit inciter les députés à déposer des amendements au projet de loi sur l’alimentation et l’agriculture « en faveur d’un modèle agricole qui ne met pas en danger la santé de leurs concitoyens ».

Une étude sur plus de 69 000 personnes

Cette étude de grande taille repose sur 69 010 cas en France métropolitaine sur la période de 2010 à 2012.

Elle porte sur « l’incidence de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs et en population générale en fonction des caractéristiques agricoles des cantons français ». Les cinq auteurs travaillent pour l’agence sanitaire Santé publique France, l’Inserm et l’Université de Lyon.

F.M.