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L’interdiction du glyphosate inquiète

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Luxembourg - L’interdiction du glyphosate inquiète
Pascal Franck, membre du bureau des jeunes agriculteurs, estime que l’on « met la charrue avant les bœufs » et souhaite « un renforcement et une pérennité des aides ». © C. Dequidt

Les agriculteurs luxembourgeois dénoncent, comme en France, le manque de solutions alternatives.

« C’est un pas décisif dans l’utilisation d’une phytopharmacie moderne et respectueuse de l’environnement », affirme Romain Schneider, ministre luxembourgeois de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement durable, mais aussi de la Sécurité sociale. Il espère ainsi déclencher « un effet levier » en Europe.

Qu’importe qu’il n’y ait pas d’alternatives chimiques, les politiques sont allés jusqu’au bout de leur logique, le pays sera le premier en Europe à interdire le glyphosate à partir du 1er janvier 2021. Une action menée au pas de charge, en trois temps : le retrait de l’autorisation de mise en vente de produits phytosanitaires contenant du glyphosate depuis le 1er février 2020, suivi d’un délai d’écoulement des stocks accordé jusqu’au 30 juin 2020 et, enfin, un délai de grâce, pour les professionnels uniquement, jusqu’au 31 décembre 2020.

Pas de solution alternative

Josiane Willems, directrice de la Centrale paysanne luxembourgeoise, principal syndicat agricole, reste combative : « L’interdiction n’a pas été une surprise. Aujourd’hui, politiquement et socialement, défendre le glyphosate, ça ne passe plus, en dépit du discours scientifique, même si cette décision met les agriculteurs face à un problème de distorsion de concurrence. »

Du côté des jeunes exploitants, le ton est plus ferme. « L’interdire maintenant, c’est mettre la charrue avant les bœufs », estime Pascal Franck, membre du bureau des jeunes agriculteurs. Il dénonce « une interdiction sans solution alternative », qui va rendre nécessaire le désherbage mécanique et le retour de la charrue. Cela posera inévitablement des problèmes d’érosion des sols et, souvent, de faisabilité dans les terrains à forte déclivité comme les vignobles.

Six cents des mille sept cents agriculteurs et viticulteurs du Grand-Duché auraient déjà franchi le pas, d’après le ministère. Parmi eux, Paul Funk, viticulteur et vice-président de la puissante chambre d’agriculture. « Dans les vignobles de ma coopérative, nous avons sensibilisé au désherbage mécanique, explique-t-il. Depuis quatre ans, je le fais moi-même. La technique est maintenant parfaitement maîtrisée. Je n’utilise plus de glyphosate. »

Mesures compensatoires

Cet arrêt sera accompagné, pour les professionnels, de mesures compensatoires : 30 euros par hectare pour les terres arables, 50 euros pour les terres viticoles et 100 euros pour l’arboriculture fruitière, une aide versée une seule année. « Bien sûr c’est trop faible, mais notre objectif principal est de pérenniser cette indemnisation sous une forme ou sous une autre, jusqu’à ce que le glyphosate soit interdit dans l’Union européenne », souhaite Josiane Willems.

Christophe Dequidt

Moteur d’innovation

Chaque année, le ministère de l’Agriculture lance une dizaine d’appels d’offres, financés par l’État, pour des projets d’innovation et de recherche dans le secteur agricole ou viticole, pour faire du Luxembourg une tête de pont de l’agriculture européenne de demain.

Pascal Franck, membre du bureau des jeunes agriculteurs, estime que l’on « met la charrue avant les bœufs » et souhaite « un renforcement et une pérennité des aides ». © C.Dequidt
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Cet article est paru dans La France Agricole

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