L’engagement d’Emmanuel Macron ne sera pas gravé dans la loi. L’amendement visant à interdire le glyphosate, avec des dérogations jusqu’en 2023, déposé par une cinquantaine de députés de la majorité, a été rejeté mardi, le 28 mai 2018, à l’Assemblée. « L’inscrire dans la loi, c’est relancer des tensions », a convenu le rapporteur Jean-Baptiste Moreau, lui-même agriculteur.

Le gouvernement a tout de même fait savoir qu’il maintenait le cap d’une sortie du glyphosate d’ici à trois ans, et que les recherches sur les alternatives devaient être poursuivies. « La ligne du président de la République est claire et tient en deux phrases : mobilisation pour se passer du glyphosate d’ici à 3 ans mais pas d’interdiction sans solution pour les agriculteurs », a rappelé Stéphane Travert.

De nombreux sujets abordés

D’autres amendements concernant les produits phytosanitaires ont été rejetés ou retirés par le gouvernement, comme l’encadrement de l’utilisation des phytos à proximité des habitations ou le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. Générations Futures dénonce pour ces deux sujets des décisions « scandaleuses ».

Les députés ont en revanche adopté les amendements permettant la simplification des conditions d’autorisation des produits de biocontrôle et la réduction de leurs délais d’évaluation. Ils ont par ailleurs voté pour un élargissement de la notion de néonicotinoïdes à toutes les substances « ayant des modes d’action identiques ».

A.M.