Dans une lettre adressée le 9 septembre 2021 à Emmanuel Macron, 28 organisations environnementales (1) demandent une « réorientation forte du plan stratégique national de la Pac afin que les aides de l’écorégime soutiennent les pratiques agricoles en proportion des bénéfices réels pour l’environnement ».

Pour les organisations signataires, c’est « la seule manière de respecter les engagements pris à l’occasion du Congrès de la nature de l’UICN ». Le président de la République avait notamment promis le 3 septembre 2021 à Marseille, de porter une « initiative de sortie accélérée des pesticides » lors de la présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2022.

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Financement de la Pac sans impact

Or selon les ONG, actuellement, en France, « moins de 2 % des financements de la Pac ont un impact avéré sur la réduction de l’emploi des pesticides. Ces financements sont constitués essentiellement des aides à l’agriculture biologique et de certaines mesures agroenvironnementales et climatiques. » Et d’ajouter : « dans son rapport “Biodiversité des terres agricoles” (2020), la Cour des comptes européenne conclut que les mesures des précédentes Pac n’ont pas permis d’enrayer le déclin de la biodiversité. Il nous faut donc éviter de reproduire les erreurs du passé. »

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Elles jugent toutefois que « les arbitrages finaux sur la déclinaison française de la Pac qui ont été présentés en juillet ne reconnaissent et ne rémunèrent pas les systèmes qui rendent des services d’intérêt général à la société et encore moins en proportion de leur performance ». Les ONG citent par exemple le niveau d’aide environnementale prévu qui « est le même que l’on soit en agriculture biologique ou en haute valeur environnementale (HVE, certification qui autorise l’utilisation des pesticides de synthèse et dont l’évaluation par l’OFB a conclu qu’elle ne présentait aucun bénéfice environnemental dans la plupart des cas). »

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Rétropédalage sur le glyphosate et les néonicotinoïdes

Les 28 organisations fustigent par ailleurs le bilan d’Emmanuel Macron au sujet de la biodiversité et des effets des pesticides sur celle-ci. Selon les 28 ONG, « le double rétropédalage sur le glyphosate et les néonicotinoïdes sont des reculs inacceptables dans un contexte d’effondrement sans précédent de la biodiversité sur les 30 dernières années ».

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Isabelle Escoffier

(1) Dont Générations futures, l’Unaf, Agir pour l’environnement, France Nature Environnement, Greenpeace France, Eaux et Rivières de Bretagne…