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Les légumes secs ont la cote

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Lentilles, pois chiches, haricots - Les légumes secs ont la cote
En France, 4 300 producteurs cultivent des lentilles. © Pixabay

Aujourd’hui, 10 février 2021, c’est la journée mondiale des légumineuses. La profession fait un point sur le retour en force des légumes secs, et particulièrement sur les lentilles, pois chiches et haricots.

Les surfaces des légumes secs sont en progression, notamment les lentilles et les pois chiches pour lesquels il y a une « vraie montée en puissance », indique Antoine Wassner, administrateur de la FNLS (1) et de l’Anils (2) à l’occasion d’une table-ronde sur le thème des légumes secs le 5 février 2021. Des efforts sont encore à faire sur les haricots et certaines lentilles de couleur.

Intérêt agronomique de la lentille

En 2019, 37 550 ha de lentille ont été cultivées, contre 17 000 ha en 2015. Diversification des rotations, fixation d’azote atmosphérique, faibles exportations, faibles besoins en eau, cycle court… La lentille revient « pour ses intérêts agroécologiques, souligne Franck Rocher, président de l’Anils. On voit que les consommateurs sont intéressés, ce qui nous motive encore plus à en semer. »

Alors que 95 % des lentilles cultivées en France sont vertes, la filière a l’ambition de développer d’autres couleurs de lentille (blonde, corail, noire…) qui plaisent aux consommateurs.

Un marché sensible

En février 2019, l’Anils avait pointé une production excédentaire de lentille sur le marché, et des prix à la baisse en conséquence. « Les excédents se sont résorbés, nous sommes revenus à une situation normale », estime Alexandre Cherki, président de la FNLS. 2020 a en effet été marquée par une faible production. Il explique que la lentille est un « petit marché, très sensible aux fluctuations de récolte ». Une grosse production peut facilement faire chuter les prix de 10 % à 15 %, selon lui, et un déficit les faire « s’envoler ». Il souligne une difficulté de se projeter pour les producteurs, d’autant que la culture est fragile, et que les cours des céréales sont hauts actuellement.

Structuration de la filière du pois chiche

La filière du pois chiche est également en croissance : 36 700 ha ont été cultivés en 2019, contre 19 500 ha en 2017. Moins structurée, elle pourrait bénéficier de la création d’une union, actuellement à l’étude pour aider les producteurs à avancer, signale Franck Rocher. La France exporte environ 6 000 à 10 000 tonnes de ce légume sec en Europe. « Nous avons une très belle image de marque, notamment pour les pays nordiques qui sont devenus très friands des pois chiches français », complète Alexandre Cherki.

La production de haricots insuffisante

Le marché français des haricots est en revanche déficitaire, avec seulement 10 % à 12 % de la consommation issue de la production hexagonale. La France importe donc une grande partie des volumes consommés, en provenance de l’Argentine, du Canada et des États-Unis. « On est très en retard sur cette culture », indique Alexandre Cherki. La filière compte bien tirer profit du plan protéines pour dynamiser cette culture.

Quid des soutiens publics ?

Franck Rocher signale l’absence d’identité des légumes secs dans la Pac actuelle, et donc l’absence d’aide. « On aide la luzerne ou les pois protéagineux par exemple, protéines qui sont transformées par l’animal, et pas les légumes secs alors qu’il n’y a pas de perte », regrette-t-il.

Le plan de relance, qui inclut le plan protéines, est en revanche surveillé de près par la profession. « Le ministère de l’Agriculture et l’Elysée ont fortement insisté pour que le plan protéines bénéficie à la consommation humaine. On a à l’heure actuelle un certain nombre d’appels à projets qui sont en cours pour développer ces légumineuses », indique Jérôme Foucault, président de l’Adepale (3). Un point de vigilance pour la filière : « ne pas être phagocyté par le soja ». Alexandre Cherki appelle à la mise en place d’une aide spécifique aux légumes secs pour avoir une vraie efficacité sur l’augmentation de leur production.

Hélène Parisot

(1) Association nationale interprofessionnelle des légumes secs.

(2) Fédération nationale des légumes secs.

(3) Association des entreprises de produits alimentaires élaborés.

Une demande dynamique

Les légumes secs font l’objet d’un intérêt grandissant auprès des consommateurs, notamment vis-à-vis de leurs intérêts nutritionnels. « Les achats sont en croissance de plus de 10 % par an, estime Alexandre Cherki, le président de la FNLS, Fédération nationale des légumes secs. Avec la crise sanitaire, une très forte progression a même été notée : +78 % pendant le premier confinement. »

La dynamique semble perdurer. « Les consommateurs se sont réhabitués à manger des légumes secs », déclare-t-il. La demande en produits bio, notamment en lentilles, est également très dynamique. L’offre française, insuffisante, est pour l’heure complétée par des importations.

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