Le bilan de production de la lentille, publié le 21 octobre 2021 par Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, fait état d’une récolte « très décevante sur tout le territoire », avec des rendements nets « deux à trois fois inférieurs au rendement moyen observé sur les trois dernières années » :

  • 8 q/ha dans l’Aube, la Marne et l’Yonne (contre 27,3 q/ha en moyenne sur les trois dernières années) ;
  • 6 q/ha en Centre-Val de Loire (contre 15 q/ha) ;
  • 3 q/ha dans le Sud-Ouest (contre 8,6 q/ha) ;
  • 4 q/ha dans la Haute-Loire (contre 5,6 q/ha) ;
  • 6,5 q/ha en Nouvelle-Aquitaine (contre 18,6 q/ha).

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Une année atypique pour la lentille

Développement d’adventices, relance de la floraison, verses compliquant les récoltes, taux important de graines au sol, graines germées (40 % dans certaines zones)… La pluie est responsable de ce bilan décevant. « La météo exceptionnellement humide en juillet a perturbé le remplissage des gousses de lentilles », précise Antoine Wassner de la FNLS (1) et de l’Anils (2), interrogé par La France Agricole.

Les récoltes ont été retardées « de 15 jours à un mois », rapporte Terres Univia. « Sur l’ensemble des bassins de production, la qualité des graines de lentille est en deçà des critères habituellement attendus : petits calibres, nombreux défauts relevés (graines moisies, fripées, cassées, ou présentant des défauts de couleur) », poursuit l’interprofession.

« Les surfaces de lentilles pour l’année 2021 étaient plutôt en stagnation ou en recul par rapport à 2020 qui comptait 35 520 ha de surfaces de production », complète-elle.

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Une filière qui se développe

La consommation annuelle française de lentille s’élève à environ 51 000 t, dont 60 % de lentilles vertes. Un marché qui est monté en puissance ces cinq dernières années. « Si les lentilles vertes étaient majoritairement importées, elles sont presque totalement d’origine France aujourd’hui », informe Antoine Wassner.

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« La lentille se retrouve actuellement en concurrence avec des céréales, du colza dont les prix ont bondi. La bataille aujourd’hui est d’en faire ressemer par nos producteurs, et faire en sorte que la culture reste compétitive, ajoute-il. Alors que nous étions devenus autosuffisants (en lentilles vertes), il serait dommage de revenir à l’importation. D’autant plus que la demande est bien présente. »

Le pois chiche se maintient

La récolte de pois chiche est « plutôt stable », indique Terres Univia, avec des rendements corrects compte tenu des conditions climatiques. « Dans le sud de la France, la culture montre une certaine résilience puisque les rendements restent honorables malgré les conditions climatiques difficiles. En revanche, dans les autres régions de production, les cultures ont été plus décevantes », précise l’interprofession :

  • 17 q/ha dans le Sud-Ouest (contre 23 q/ha en moyenne sur les trois dernières années) ;
  • 20 q/ha dans le Sud-Est (contre 19 q/ha) ;
  • 10 q/ha dans les autres secteurs de production (contre 16 q/ha).

Les surfaces de pois chiches étaient stables en 2021 (environ 23 500 ha, comme en 2020), et Terres Univia table sur une hausse de surfaces pour 2022.

Début de campagne sec

« Le début de campagne a été marqué par des conditions sèches et la croissance des plantes a été contrainte par la fraîcheur au mois de mai. Pour autant, les composantes de rendement ont été bien en place dans le sud de la France au mois de juin. L’ascochytose est arrivée tardivement et n’a pas limité les rendements (Sud de la France) », explique Terres Univia.

« Les pluies ont là aussi décalé les récoltes (hors Sud-Est) à la fin d’août-septembre (au lieu de la fin de juillet à la fin d’août) et une dégradation de la qualité des graines (hors Sud-Est) avec l’observation de champignons saprophytes et de graines vertes sur les échantillons récoltés. Quelques graines germées ont été notées », poursuit l’interprofession.

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Justine Papin

(1) Fédération nationale des légumes secs
(2) Association nationale interprofessionnelle des légumes secs.