« Les industriels demandent des livraisons de plus en plus irréprochables », constate le Cénaldi. « La distribution réclame des produits toujours plus durables mais à un prix toujours inférieur à celui du voisin. Le gouvernement durcit les réglementations et rajoute des taxes. Les producteurs s’adaptent, mais à quel prix ? »

Revalorisation du prix d’achat

« Il est aujourd’hui indispensable que le prix d’achat de leurs produits soit significativement revalorisé pour tenir compte de l’augmentation des coûts de production et de l’investissement croissant des agriculteurs dans ces productions particulièrement sensibles aux aléas », ajoute l’association.

Si la filière des légumes en conserve et surgelés fait figure d’exemple en matière d’organisation et de contractualisation, les producteurs espèrent bien que 2020 soit l’occasion de montrer que la loi EGA peut s’appliquer !

Le revenu stagne, voire diminue

Pourtant, le Cénaldi rappelle qu’aujourd’hui, les indicateurs interprofessionnels montrent que le revenu obtenu par les producteurs pour chaque hectare de légume cultivé stagne, voire diminue alors même que les coûts de production progressent.

« Les producteurs doivent se débrouiller avec la disparition de leurs moyens de protection des cultures, la mise en œuvre de nouvelles pratiques plus coûteuses et chronophages, l’investissement dans de nouveaux matériels, l’adaptation au changement climatique porteurs d’aléas plus violents et plus fréquents, la critique permanente de leur travail, le respect d’une réglementation toujours plus contraignante… » appuie l’association. « Ils n’ont de cesse de faire évoluer leurs pratiques (biocontrôle, désherbage mécanique, etc.), ce qui génère des investissements spécifiques, des coûts supplémentaires et beaucoup plus de temps passé à surveiller et soigner les cultures. »

Céline Fricotté