Alors qu’en juin dernier, la filière des légumes d’industrie était très inquiète du déroulement de la campagne en raison des conditions particulièrement fraîches et humides du printemps, le Cénaldi (AOP nationale des légumes à destination industrielle) fait le bilan d’une campagne de 2016 difficile après la chaleur et la sécheresse qui ont suivi cet été.

Un déficit proche de 20 % pour la récolte de pois

La récolte des principaux légumes étant aujourd’hui terminée, le bilan confirme que les cultures de pois ont été très fortement impactées par l’excès d’eau et le manque de luminosité. « Les quelques coups de chaleur de juillet sont venus s’ajouter à la situation compliquée », ajoute le Cénaldi. Entre abandons et mauvais rendements, la récolte se solde par un déficit proche de 20 % (30 000 tonnes) par rapport à ce qui était prévu dans les contrats.

Baisse des rendements de jeunes carottes

Les cultures de jeunes carottes, semées dans les mauvaises conditions printanières, ont subi un décalage de maturité par rapport à celle des pois. « Les récoltes ont parfois été anticipées pour réaliser les fabrications de pois et carottes prévues, entraînant une baisse des rendements en dessous de l’objectif », précise l’AOP.

Les haricots non irrigués pénalisés

C’est ensuite la sécheresse cet été qui a pénalisé les productions de haricots verts et de flageolets. Les semis de haricots ont été particulièrement perturbés et les conditions estivales qui se sont prolongées en septembre ont raccourci les cycles de production. « Les cultures non irriguées ont été fortement pénalisées par la chaleur et la sécheresse. Les parcelles irriguées ont obtenu d’excellents rendements, mais avec des coûts de production en forte hausse », détaille le Cénaldi.

Au final, le déficit en haricots atteint 10 000 tonnes (3 % des volumes contractuels). Les cultures de flageolets ont davantage souffert des conditions estivales. Avec un rendement moyen inférieur de 1 t/ha par rapport au prévisionnel, ce sont 15 % des volumes attendus qui manquent (3 000 tonnes). « Comme pour les autres productions, le résultat financier des cultures légumières, impactées par ces conditions climatiques extrêmes, ne sera pas au rendez-vous », alarme finalement le Cénaldi.