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Dégâts climatiques : une série noire

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Au début de juillet, plusieurs centaines d’hectares de semences ont été hachés par la grêle, comme ces maïs à Plavilla. © CA Aude

Les excès d’eau et la grêle ont fortement réduit les rendements. De nombreuses exploitations se retrouvent en difficulté.

Le 3 juillet, un orage de grêle a balayé l’Aude. « C’était un vrai mur de glace », raconte Gilles Terres, de la chambre d’agriculture. Sur 35 communes, 6 000 ha ont été ravagés. Toutes les cultures sont touchées – céréales, semences, fourrages, vignes, fruits et légumes –, avec 25 à 100 % de pertes. Dans les élevages, il y a des dégâts en toiture. Et comme si cela ne suffisait pas, le 16 juillet, il est tombé 80 à 150 mm en une heure qui ont fait déborder l’Hers.

« Les cultures en fond de vallée ont été inondées », note Didier Jeannet, président de la FDSEA, ainsi que des élevages de volailles. Les pluies à répétition du printemps avaient déjà réduit le potentiel des cultures d’hiver et retardé les semis. « De décembre à juin, il est tombé plus de 100 mm par mois », note Gilles Terres.

Dans des sols saturés en eau, les plantes ont souffert d’asphyxie racinaire, ce qui a réduit le remplissage du grain. « Les pertes vont de 20 à 50 % pour les orges et les blés. Dans certaines parcelles du Lauragais, les agriculteurs n’ont récolté que 25 à 30 q/ha de blé dur ! »

Ces catastrophes climatiques impactent particulièrement les céréaliers. Avec la baisse des primes Pac, ils n’ont plus de sécurité pour faire face à une baisse de rendement ou de prix de vente. Depuis deux ans, ceux-ci sont au plus bas, alors que les charges augmentent. Beaucoup n’arrivent plus à couvrir leurs frais. Ils ont épuisé leurs réserves, et avec toutes ces pertes, ils se demandent comment faire face.

Besoin de perspectives

« Beaucoup étaient déjà en déficit. Plutôt que de continuer à accumuler des dettes, certains envisagent de mettre en vente tout ou partie de leur exploitation. D’autres ont décidé de tout mettre en jachère », raconte Frédéric Rozis, de la chambre d’agriculture, qui reçoit tous les jours des agriculteurs désespérés. « Nous avons besoin d’un plan de relance pour éviter que les faillites ne se multiplient », affirme Didier Jeannet.

Il faut aussi retrouver des perspectives d’avenir. « Sur notre territoire, nous ne sommes plus placés pour produire au cours mondial », estime Serge Vialette, vice-président de la FDSEA. « Nous devons chercher de nouvelles diversifications qui ramèneront de la valeur ajoutée sur nos exploitations », ajoute Didier Jeannet.

Dans la prochaine Pac, il milite pour un recouplage du blé dur, assorti d’un soutien renforcé, dans le cadre d’un projet de filière. « Nous pourrions transformer nos blés durs sur place pour produire des pâtes locales », lance-t-il.

Frédérique Ehrhard
Les limites de l’assurance récolte

Les excès d’eau ont réduit le rendement, essentiellement à cause de l’asphyxie racinaire, et secondairement des maladies. « Nous négocions avec les assureurs pour que toute la perte de rendement soit prise en compte, comme cela a été le cas dans la région Centre en 2016 », note Didier Jeannet.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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