L’entrevue aura duré une heure et quart, pendant laquelle, selon Patrick Franken, élu de la Coordination rurale à la chambre d’agriculture, « M. de Rugy est resté très correct ». Mais c’est bien un blâme que les agriculteurs ont reçu.

François de Rugy a « condamné et qualifié d’inacceptable la méthode du coup de force et du fait accompli », comme le souligne un communiqué de son ministère. Une indignation qui justifie les actions entreprises pour faire cesser les travaux, auprès du préfet et du parquet d’Agen, et la pose des scellés sur le chantier le 17 janvier dernier.

Mais pour la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, comme le répètent ses représentants depuis plusieurs mois, « le coup de force, c’est le courrier du ministre à la préfète pour invalider l’autorisation qui nous avait été donnée ». Un courrier « pas argumenté et politique » envoyé en octobre pour bloquer le projet de Caussade, et qui serait responsable, selon la chambre, des blocages actuels.

Bientôt la fin

François de Rugy, en parallèle des procédures engagées auprès du parquet d’Agen, va nommer « une mission d’inspection conjointe », entre les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie, avec pour objectif « la construction d’une solution alternative ».

Là encore, la chambre d’agriculture dénonce. « Les solutions alternatives, ça n’existe pas. » La bataille de l’information, sur ce dossier aussi, semble être au cœur des problèmes. « Des choses fausses sont véhiculées par nos opposants, et sont reprises par d’autres, ou même des décideurs. C’est ça qui pourrit le dossier », explique Patrick Franken.

Les agriculteurs vont-ils devoir définitivement ranger les pelleteuses ? Malgré son désir, le ministre n’en semble pas certain, puisque l’État ne peut interrompre des travaux sur un terrain privé sans une décision de justice. Et les agriculteurs semblent de toutes les manières déterminés à terminer l’ouvrage. « On fait quoi, on le démolit ? », s’agace Patrick Franken. Pied de nez au ministre, les travaux ont même repris ce matin, et devraient être terminés d’ici huit jours.

Ivan Logvenoff