Lors du renouvellement triennal du Conseil d’administration du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) le 8 octobre 2020, l’ouverture de l’interprofession à de nouvelles parties prenantes a officiellement été actée.

Cette ouverture fait partie du projet stratégique du Gnis qui doit être finalisé d’ici fin janvier 2021 par la nouvelle équipe gouvernante et mis en œuvre durant les trois prochaines années.

Projet stratégique

«L’élaboration du plan de filière en 2017 a été le catalyseur de la réflexion sur le projet stratégique et de notre prise de conscience de la nécessité de cette ouverture», assure François Desprez, réélu à la présidence du Gnis.

N’hésitant pas à parler d’un «moment particulièrement important» pour l’interprofession, il explique que l’enjeu est de «devenir l’interprofession de toutes les formes et tous les usages de semences et plants».

Le décret de composition du Gnis a été modifié en août dernier afin que le Conseil d’administration puisse accueillir trois nouveaux syndicats généralistes à savoir la Confédération paysanne, la Coordination rurale et les Jeunes Agriculteurs. Ce dernier syndicat a d’ores et déjà désigné son représentant, les deux autres pas encore, car «des échanges ont encore lieu».

« Pas de strapontin »

« Les discussions avancent lentement avec le Gnis et le ministère, détaille Guy Kastler de la Confédération paysanne. Le décret propose qu’on soit nommé comme représentant des utilisateurs de semences. mais nous sommes aussi des représentants de producteurs [de semences de ferme, NDLR]. Le décret ne nous convient pas, nous voudrions qu’il soit modifié. »

Quant à la Coordination rurale (CR), elle se dit « favorable pour intégrer le Gnis, dans un esprit constructif ». Mais ne voulant pas de « strapontin où les décisions se prendront sans nous », le syndicat souhaite qu’une section « semences fermières » soit ouverte au sein de l'interprofession. « Cela serait pour nous une belle avancée », lance Damien Brunelle, le président de France Grandes Cultures, syndicat spécialisé de la Coordination rurale.

Le nouveau conseil d’administration est en contact avec le syndicat des trieurs à façon et les réseaux de semences paysannes et fermières pour définir les modalités de leur participation au Gnis.

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Créer du consensus

« Nous tendons la main de façon sincère et ouverte aux acteurs des semences paysannes pour qu’ils fassent valoir leurs point de vue», confirme François Desprez. Et d’ajouter : « créer du consensus autour des métiers de la semence ne peut être qu’utile à l’image de l’agriculture.»

Il espère par ailleurs, que «le développement de débats et de discussions apaisés et équilibrés puissent éclairer les pouvoirs publics en charge de faire la règlementation» [sur la mutagenèse].

Selon le président du Gnis, le ministère de l’Agriculture est «très favorable à notre volonté d’ouverture» et voit de façon positive que les «sujets semenciers soient débattus au sein d’une interpofession plutôt que d’être interpellé par différentes parties».

Commissions transversales

Cette ouverture avait déjà pris forme pour les travaux portant sur la bio auxquels l’Itab (institut technique de l’agriculture biologique) et la Fnab (syndicat des agriculteurs bio) avaient participé. Dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau projet stratégique, trois nouvelles commissions transversales vont être créés. Elles portent sur la communication, l’innovation et l’arbitrage des moyens au sein de l’interprofession.

Isabelle Escoffier