Parcelles inondées, vignes déchiquetées et lacérées, sur la seule appellation Blaye Côtes de Bordeaux, « très durement frappée », « plusieurs milliers d’hectares sont entièrement détruits », notamment sur les communes « de Berson, Marcillac, ou encore Reignac-de-Blaye », précise Bernard Farges, le vice-président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

Des disparités

Pour l’appellation Haut Médoc, il est encore difficile de préciser les superficies atteintes, mais « de très importants dégâts ont frappé entre autres communes, celles de Macau, Blanquefort et Ludon », ajoute-t-il. Dans l’est de la Gironde, les vignobles de Bordeaux et Bordeaux Supérieur ont également été touchés, « notamment sur les communes de Massugas, Gensac et Pessac-sur-Dordogne ».

Entre récolte perdue à 100 % pour certains et récolte partiellement détruite pour d’autres, « à ce stade, les premières remontées de terrain font état d’entre 6 000 et 7 000 hectares impactés, peut-être davantage », précise une porte-parole du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). Le vignoble bordelais couvre 114 000 hectares, dont 111 000 en appellation d’origine.

Cette estimation reste à affiner, notamment lors d’une réunion prévue lundi avec les responsables des appellations les plus touchées : Côtes de Bourg, Côtes de Blaye, sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne, dans le nord du département, et dans un degré moindre dans le Sud-Médoc.

Environ un demi-millier de viticulteurs ont été touchés, à des degrés très divers, précise le directeur de la communication du CIVB, Christophe Château. Certaines exploitations offrent le spectacle de vignes hachées, nues comme en plein hiver, des parcelles complètement ravagées ou partiellement détruites.

Le vignoble de Cognac aussi

Même constat pour le vignoble de Cognac où cet épisode de grêle « a fait du dégât et par certains endroits même, beaucoup de dégâts », déplore Jean-Bernard de Larquier, administrateur du syndicat des viticulteurs de l’appellation Cognac.

« La grêle a frappé majoritairement le vignoble de la Charente-Maritime, mais aussi une partie du vignoble en Charente », précise ce viticulteur, installé à Arthenac, dans le sud-ouest de la Charente-Maritime, dont le vignoble a, cette fois, été épargné.

Selon les premiers retours de viticulteurs sinistrés qu’il a reçus, « les communes autour de Jonzac, en Charente-Maritime, ont beaucoup souffert ». L’orage s’est déplacé vers Cognac « où pour l’instant nous n’avons pas de retours suffisants pour évaluer la situation », détaille-t-il.

« Plusieurs milliers d’hectares » ont subi des dégâts, indique-t-il ce lundi, précisant qu’il est « trop tôt encore » pour affiner ce chiffre. Le vignoble charentais couvre 78 000 hectares, dont 72 000 destinés à l’eau-de-vie cognac.

Le préfet de la Nouvelle-Aquitaine assure ce lundi mobiliser « l’ensemble des services de l’État pour faire face à cette situation d’une gravité exceptionnelle ». Mardi, il se rendra en Gironde et Charente-Maritime à la rencontre des viticulteurs, et la semaine prochaine il installera une cellule d’urgence.

AFP