« Pour l’instant, on est gentil, mais la prochaine fois, ce ne sera plus cas », avertit sèchement Christine Hermans, agricultrice dans la Seine-et-Marne. Ce vendredi 6 avril 2018, elle revient du rassemblement des responsables des quatre FDSEA qui a eu lieu au barrage de Bazoches-les-Bray. « On était quatre-vingt parce qu’on voulait canaliser la colère, mais c’est la profession agricole, syndiquée ou non, qui veut tout faire péter si le dossier n’avance pas », déclare-t-elle.

L’opacité de VNF dénoncée

Une seule cible dans le viseur des agriculteurs : VNF. « Nous sortons notre carton rouge et sommes dans une colère noire vis-à-vis de VNF qui a un fonctionnement opaque et agit de manière indépendante », relève un communiqué des FDSEA. « Leur seul but est de maintenir le trafic fluvial », regrette Christine Hermans, la référente inondation du syndicat.

« Quand on demande qui est responsable chez VNF, on ne nous répond pas », explique Christine Hermans. Selon elle, la direction départementale des territoires a le même problème de non-réponse avec l’organisme de gestion des rivières.

Le problème vient des nappes

Pour l’agricultrice de la Seine-et-Marne le problème en 2018 est différent des autres années. « Les zones inondables en bord de cours d’eau sont en train de se vider ; le problème c’est les zones d’affleurement des nappes. Elles sont pleines et débordent. » Pour Christine Hermans, VNF doit diminuer le niveau de l’eau dans les cours d’eau pour que les nappes liées au cours d’eau puissent retrouver un niveau normal.

Des parcelles inondées pas éligibles à la Pac

Résultat, dans ces zones d’affleurement, les cultures d’automne sont sous l’eau et celles de printemps ne peuvent pas être semées. C’est la double peine : pas de récolte sur ces parcelles cette année, et les agriculteurs ne peuvent pas les déclarer comme étant cultivées pour la Pac. « Quand j’entends ça, je me dis qu’ils veulent vraiment nous mettre en colère », commente Christine Hermans. Face à ce constat, les FDSEA demandent le placement des quatre départements en situation de « cas de force majeur » pour que les DPB puissent être activés.

Autre sujet qui revient inlassablement depuis les premières grosses inondations en 2013 : l’indemnisation. « Si tous les Parisiens mettaient un euro par an, la somme suffirait à nous indemniser », calcule l’agricultrice. « Le rôle des terres agricoles en zone de surinondations doit être reconnu d’utilité publique. Sans ce service, Paris serait inondé », martèle le syndicat.

T.D.