« On ne signera pas » : quelque 500 salariés du groupe familial Roquette, géant mondial de la chimie verte, se sont rassemblés le jeudi 24 juin 2021 devant le site de Lestrem (Pas-de-Calais) pour dénoncer un projet de suppression de 235 emplois, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des négociations pour un accord GEPPM (sur la gestion des emplois, des parcours professionnels) « ont repris en septembre et étaient presque abouties quand ils (la direction) nous ont dit que c’était conditionné à une rupture conventionnelle pour 235 personnes », sur les 3 200 salariés en France, a déclaré Benoit Fumery, délégué syndical central CFDT et salarié depuis vingt ans, en marge d’une assemblée générale sur le site qui compte 2 700 salariés.

La direction « présente cela comme un plan de transformation de l’entreprise, pour améliorer la compétitivité, réduire les frais fixes », a-t-il précisé.

Des mesures d’accompagnement attendues

Dans le cadre des négociations de la rupture conventionnelle collective (RCC), « la CFDT a fait un certain nombre de propositions et on attend le retour de la direction », a déclaré Me Stéphane Ducrocq, avocat de la CFDT, syndicat majoritaire.

« L’idée n’est pas simplement de mettre de l’argent sur la table mais de prévoir de véritables mesures d’accompagnement pour que les gens puissent avoir un réel projet de reclassement dans l’entreprise ou à l’extérieur », a-t-il ajouté. « Cela fait cinq ans qu’on nous surcharge en activité sans pour autant avoir l’accompagnement qu’on nous annonce », déplore David Capelle, technicien en second œuvre. « On nous demande de nous améliorer sans nous en donner les moyens. »

Les modalités d’application en négociations

Évoquant une « transformation » nécessaire pour « répondre aux besoins de nos marchés », la direction a confirmé la tenue de négociations sur « un outil associant des mesures favorisant l’employabilité et la mobilité interne », un « outil additionnel pour accompagner les collaborateurs » préférant « opter pour des projets professionnels ou personnels » et un aménagement de fin de carrière.

Selon la direction, « la RCC et l’aménagement en fin de carrière sont basés à 100 % sur le volontariat ». « Les conditions d’éligibilité et les modalités d’application sont l’objet des négociations en cours. Le nombre de personnes concernées ne sera donc connu qu’à l’issue de ces négociations », a-t-elle précisé.

Spécialiste des ingrédients alimentaires, protéines végétales et excipients pharmaceutiques, Roquette revendique un chiffre d’affaires annuel de 3,7 milliards d’euros pour 8 670 collaborateurs dans le monde.

AFP