Eau de Paris, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau Seine Normandie (1), propose depuis 2020 un système de paiement pour services environnementaux aux agriculteurs présents sur quatre aires d’alimentation de captage d’eau potable en Île-de-France.

8 200 hectares engagés

L’opérateur public, en charge de la production et de la distribution de l’eau dans Paris, visait 5 000 hectares engagés un an après son lancement. Ce sont fina­lement 8 200 ha qui ont été contractualisés par 49 agriculteurs, dont les frères Bertrand et Romain Collumeau, qui exploitent 400 hectares de grandes cultures à Lorrez-le-Bocage-Préaux (Seine-et-Marne), en amont des sources de Villeron et Villemer.

« Lors de notre reprise de l’exploitation familiale en 2003, nous cultivions en agriculture conventionnelle de la betterave, du colza, du blé et de l’orge, raconte Bertrand. En 2017, nous avons signé une première mesure agroenvironnementale pour ré­duire l’utilisation des phytos. Après de nombreux échanges avec Florine Nataf, chargée d’animation du territoire à Eau de Paris, nous avons décidé de convertir l’exploitation à l’agriculture biologique en 2019. »

Suivi de la biodiversité

Le nombre de cultures a doublé et un suivi de la biodiversité a été lancé avec l’association Agrof’Île pour connaître les effets sur la faune et la flore. La surface agricole utilisée en bio étant inférieure à 15 % sur ce territoire, leur projet de conversion bénéficie de l’aide maximale proposée, soit 450 €/ha/an, pendant sept ans.

Pour assurer les débouchés, Eau de Paris et l’Agence de l’eau Seine Normandie ont également en partie financé la construction d’un silo bio au sein de la coopérative Terre Bocage Gâtinais.

Des contrats de six ou sept ans

Ce système d’aides dédiées aux agriculteurs, pionnier en France pour un service d’eau, propose de 150 à 450 €/ha/an selon les changements prévus. Une partie de la rémunération est conditionnée à l’atteinte d’un objectif de résultat sur les concentrations en nitrates dans l’eau.

Des contrats de six ans sont signés avec les agriculteurs en conventionnel, et de sept ans en bio pour accompagner la conversion. Eau de Paris espère convaincre au total 100 à 200 exploitations afin de préserver la qualité des eaux.

Florence Mélix

(1) 47 millions d’euros de budget sur dix ans, financé à 20 % par Eau de Paris et 80 % par l’Agence de l’eau.