Pendant que les agriculteurs manifestaient dans une ambiance calme et bon enfant, une délégation de la Coordination rurale (CR) était reçue par la direction de l’usine. Nicolas Jaquet, président de la CR des Landes et de l’organisation des producteurs de grains (OPG), a expliqué aux représentants de Ferrero en quoi les importations d’huile de palme déstructuraient la filière agricole française et européenne : en raison des choix d’approvisionnement, la surface consacrée aux oléoprotéagineux en France et en Europe est de 18 à 19 %, contre 39 % aux États-Unis, 45 % en Ukraine et 69 % au Brésil.

« La France s’est pour sa part spécialisée dans la production de céréales, décrit Nicolas Jaquet. Outre les problématiques agronomique et environnementale liées au raccourcissement des rotations, cette spécialisation oblige les agriculteurs français à se débarrasser de leur surplus de blé sur les marchés internationaux, là où ils ne sont pas concurrentiels. Pour satisfaire la demande, ce sont les importations d’huile de palme et de soja qui sont préférées à la production locale, pourtant plus écologique. »

Une action symbolique

« Ferrero représente 2 % des importations françaises, poursuit-il. Mais au-delà de ce chiffre, l’usine Nutella a été choisie pour sa valeur symbolique. À la suite des Italiens qui ont réussi à diviser par trois les importations de blé dur canadien traité au glyphosate », la CR souhaite discuter directement avec les industriels pour permettre aux agriculteurs de rééquilibrer leur assolement.

Une direction à l’écoute et ouvert à une évolution

La direction de Ferrero a reçu la délégation dans une ambiance d’écoute et de compréhension. Elle leur a expliqué qu’elle « ne pouvait pour le moment pas remplacer l’huile de palme par de l’huile de tournesol ou de colza car elles n’avaient pas les mêmes caractéristiques », rapporte Nicolas Jaquet. Cependant, elle a assuré que son département de recherche et de développement travaille à ce sujet. Le fabricant de la pâte à tartiner Nutella a donné rendez-vous à la CR au mois de janvier pour envisager de travailler ensemble sur la relocalisation de l’achat des matières premières.

R.H.