« La Malaisie va porter plainte auprès de l’OMC, nous espérons le faire d’ici à novembre », a dit Teresa Kok, la ministre malaisienne en charge du secteur.

Ce pays de l’Asie du Sud-Est est le deuxième producteur mondial d’huile de palme après l’Indonésie et serait durement pénalisé par cette mesure. Les services du ministre de la Justice travaillent à rédiger la plainte et la Malaisie espère pouvoir coopérer avec l’Indonésie sur ce dossier.

Le président indonésien Joko Widodo a fait état vendredi de son intention de combattre ce projet européen, qu’il accuse de « discrimination », alors que l’huile de palme est une « matière première stratégique » pour son pays.

En mars, le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad a critiqué la volonté de l’UE de réduire la part de l’huile de palme dans les biocarburants pour atteindre zéro en 2030, assurant que cela risquait de déclencher un conflit commercial.

Il a également menacé de représailles, indiquant que le pays pourrait finalement acheter des avions de combat chinois au lieu de Rafale français ou d’Eurofighter Typhoon.

L’Indonésie et la Malaisie, qui produisent quelque 85 % de l’huile de palme mondiale, ont vivement protesté contre l’Union européenne après la publication en mars d’un texte réglementaire européen.

Le texte a pour effet de classer l’huile de palme dans les biocarburants non durables à cause de son effet sur la déforestation et sur le changement climatique. Les deux grands pays exportateurs craignent de voir leurs débouchés se restreindre après une chute de 15 % du cours de cette matière première l’an dernier.

AFP