Faisant suite au dernier groupe de travail du Comité de rénovation des normes agricoles spécifiques aux produits phytosanitaires, Daniel Roques, représentant la Coordination rurale et président de l’association Audace (1), a fait remonter une trentaine de dysfonctionnements des services de l’Anses (2).

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En conventionnel comme en bio

« Ces dysfonctionnements concernent aussi bien les produits utilisés en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique », précise le communiqué du 10 mars 2022. La Coordination rurale et Audace soulignent que cette démarche a pour intérêt d’obtenir des réponses, faire avancer les dossiers et réduire les impasses techniques pour les agriculteurs.

Parmi les dysfonctionnements, les deux organisations ont notamment soulevé des délais extrêmement longs pour obtenir les autorisations pour les produits de biocontrôle, la difficulté d’obtenir une autorisation pour les usages mineurs, et ce, alors même que le produit est déjà autorisé dans un autre État membre.

Mais aussi : une reconnaissance mutuelle quasi impossible dans des conditions normales, ou encore un manque de communication de l’Anses pendant toute la durée d’évaluation d’un produit, ce qui fait perdre un temps considérable pour des produits que les autres États membres peuvent utiliser sans difficulté.

En porte-à-faux avec les injonctions de la société

« Les agriculteurs sont sans alternatives économiquement fiables pour trop de problèmes sanitaires et se retrouvent en porte-à-faux face aux injonctions de la société. C’est un comble de voir notre propre Administration freiner les obtentions des autorisations de mise sur le marché (AMM) », s’indigne Max Bauer, secrétaire général adjoint de la Coordination rurale.

Céline Fricotté

(1) Association de défense des utilisateurs et distributeurs de l’agrochimie européenne.

(2) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.