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Premier bilan des itinéraires techniques innovants

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Grandes cultures - Premier bilan des itinéraires techniques innovants
L’association du colza avec des légumineuses gélives est « une grande réussite », selon Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia, et responsable de l’action Syppre dans le Berry. © Hélène Parisot

Indicateurs qui s’améliorent ou non, techniques innovantes adoptées ou abandonnées… Arvalis, Terres Inovia et l’Institut technique de la betterave font un point d’étape de l’action Syppre.

Arvalis, Terres Inovia et l’ITB indiquent que leur action Syppre, qui vise à accompagner la mise au point de systèmes de grandes cultures innovants, est à mi-parcours. Clotilde Toqué, qui manage le projet, fait le bilan après trois campagnes de transition : « Globalement, la multiperformance n’est pas atteinte, mais le contraire aurait été surprenant. »

Neuf objectifs

Les cinq plateformes expérimentales situées dans le Berry (sols argilo-calcaires superficiels), en Picardie (limons profonds), en Champagne (terres de craie), dans le Béarn (sols de touyas) et dans le Lauragais (sols de coteaux) visent à tester des itinéraires techniques innovants. Ces derniers sont construits en tenant compte des enjeux régionaux. Ils sont évalués selon plusieurs objectifs :

  • De productivité (production d’énergie, efficience énergétique) ;
  • De rentabilité (marge directe avec aides, EBE/UTH) ;
  • Techniques et environnementaux (utilisation d’azote minéral, IFT total, émission de gaz à effet de serre, stock de matière organique, consommation d’énergie primaire totale).

Si certains critères environnementaux ont été améliorés dans les cinq régions testées, « les systèmes ne sont pas encore au point vis-à-vis de la rentabilité. Les prix n’ont pas permis de compenser les manques à gagner ». Les responsables du projet ont préféré tester des choix de rupture, ce qui représente une prise de risque.

Des enseignements positifs et négatifs

Toutefois, les expérimentations ont contribué à l’émergence de solutions nouvelles. Plusieurs leviers techniques ont montré leur intérêt localement.

Par exemple dans le Berry, « la succession maïs tournesol a montré son efficacité pour le contrôle du vulpin et les blés suivants ont été performants », explique Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia. Il souligne également la bonne valorisation de l’azote et la qualité du colza associé implanté en semis direct après une lentille puis un blé dur.

En revanche, l’association pois blé a été abandonnée après avoir augmenté la pression vulpin et piétin échaudage sur le blé suivant. De même, les rendements des cultures dérobées ont été décevants (test du sarrasin puis de la cameline), dans un contexte de précipitations insuffisantes.

Du colza plus robuste dans le réseau du Berry

Les réseaux d’agriculteurs associés à Syppre ont montré leur intérêt. Dans le Berry toujours, la culture du colza a par exemple gagné en robustesse. Alors que les surfaces de colza ont baissé d’environ 75 % dans le Cher et dans l’Indre, en lien avec des séquences climatiques compliquées, « dans le réseau, on est à 82 % des colzas semés réussis en 2019, et 96 % en 2020 », signale Gilles Sauzet. Des règles de décision ont été construites tout au long du cycle.

Dans les parcelles agricoles du réseau, le colza associé est plus performant dans 84 % des cas. « Et dans un certain nombre de cas, les agriculteurs ont même mis moins d’azote, souligne l’ingénieur. C’est une grande réussite, et surtout c’est chaque année pareil. »

Pour plus d’informations sur les rotations testées, les indicateurs utilisés, les enseignements positifs et négatifs tirés… Vous pouvez visiter le site internet du projet.

Hélène Parisot

Objectif « zéro glyphosate »

Depuis 2018, Syppre intègre également l’objectif « zéro glyphosate ». « Nous avons décidé de mettre en application des stratégies préventives sur toutes les plateformes, mais d’autoriser un usage en dernier recours », souligne Clotilde Toqué.

« Nous avons encore peu de recul, poursuit-elle. Mais la principale difficulté identifiée se trouve dans les situations de semis en non-labour et en conditions humides. »

Clotilde Toqué indique que des expériences positives ont été menées, comme dans le Lauragais (zone assez séchante), avec l’implantation de tournesol après couverts détruits avec un roulage puis un passage de herse.

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