Se basant sur l’expertise conduite par son institut à la demande du gouvernement sur l’usage et les alternatives au glyphosate dans l’agriculture française, Philippe Mauguin rappelle que « Le glyphosate est un herbicide total extrêmement efficace, […] bon marché. Et c’est pour ça qu’il a beaucoup été utilisé. Depuis 1974, toutes les grandes multinationales cherchent une alternative. Elles n’en n’ont pas trouvé. »

15 % des volumes sans alternatives

Selon cette synthèse, les situations d’impasse technique totale représentent 15 % des volumes de glyphosates consommés en France. Sur les 9 200 t utilisées d’après les données de 2016, « de façon très simplifiée, on a pu montrer qu’il y avait des alternatives dans un certain nombre de cas, des impasses aussi. Des impasses, c’est quand on n’a pas pu trouver d’autres alternatives que le désherbage manuel. »

Quelles sont ces impasses ? « Une forme d’agriculture qui a beaucoup d’intérêts par ailleurs, l’agriculture de conservation des sols qui fait notamment du semis sous couvert, qui intervient très très peu sur les sols. On n’a pas dans ce schéma d’agriculture la possibilité de faire du désherbage mécanique ou de l’enfouissement par le labour, donc il faut trouver des alternatives. C’est le gros des volumes. »

Pas une mais des alternatives à combiner

Philippe Mauguin cite d’autres cas comme la viticulture en terrasse, ou encore les cultures légumières et de semences qui ont des cahiers des charges très précis qui interdisent toute mauvaise herbe. « Sur les autres, on ne peut pas dire qu’il y a une vraie impasse. Il y a des alternatives : du désherbage mécanique, accepter l’enherbement des interrangs avec les noyers ou en viticulture, ou d’avoir une plus grande utilisation des couverts végétaux. »

Donc le message de la recherche est clair : « Il y a des alternatives qui sont mobilisables et qu’il faut combiner avec à chaque fois des approches différentes selon les territoires, selon les régions, selon les systèmes. Et la question qui se pose est comment met-on en place concrètement des trajectoires pour chacun des systèmes de production qui permettent des solutions alternatives si possible dans les 3 ans visés. Et c’est ça qu’il faut tester si c’est possible ou non. »