En marge de sa visite du château de Voltaire à Ferney-Voltaire (Ain), le président de la République avertit qu’il prendra ses « responsabilités » sur le glyphosate si le monde agricole n’était pas « au rendez-vous » dans trois ans. « Il y aura un point de rendez-vous et si les choses n’avancent pas dans trois ans, on passera par la loi », indique-t-il.

« Nous avons besoin de l’engagement » de Nicolas Hulot

« Nicolas Hulot a ma confiance et nous avons besoin de son engagement parce que c’est un convaincu, assure Emmanuel Macron. Mais, ajoute-t-il, il a l’insatisfaction des convaincus et des militants, et c’est normal. Je vais avancer […] avec la même équipe gouvernementale, avec des femmes et des hommes qui veulent changer des choses dans le réel. »

Nicolas Hulot s’est dit « déçu » du rejet des amendements visant à graver dans la loi agriculture et alimentation la sortie du glyphosate d’ici à 2021, faisant toutefois remarquer que l’« objectif » n’était « pas remis en cause ». Pour Emmanuel Macron, « la bonne façon de le faire ce n’est pas forcément dans la loi, car on sait qu’il y a 10, 15 % des situations où ce n’est pas possible ; donc on va responsabiliser tous les acteurs ».

Le président de la République indique qu’il recevra « en juillet l’ensemble du monde agricole et de la distribution » pour « faire le point sur ce qui a été acté » avant la deuxième lecture à l’Assemblée nationale.

Stéphane Travert sous surveillance

De son côté, sur l’antenne de BFMTV et RMC, Christophe Castaner, le patron de LREM (La République en marche) a indiqué ce jeudi matin qu’il soutiendrait une proposition de loi pour interdire le glyphosate d’ici à 2021 à défaut « d’avancées » d’ici au 18 ou 24 mois du plan d’action annoncé par le gouvernement.

« Stéphane Travert a fait le pari de la confiance avec les organisations professionnelles qui ont mis en place un plan d’action pour sortir du glyphosate dans les trois ans, rappelle-t-il. […] Mais la confiance n’exclut pas le contrôle. Donc moi je fais une proposition simple […], parce que j’ai entendu Matthieu Orphelin, parce que j’ai entendu Nicolas Hulot […] : je souhaite que nous mettions en place un groupe de travail qui va surveiller l’opérationnalité des propositions. »

« Mais en même temps, je pense qu’il faut annoncer tout de suite que, si à l’échéance de 24 mois, de 18 mois, il n’y a pas d’avancées supplémentaires, je pousserai, je soutiendrai, les députés de LREM pour déposer une proposition de loi qui écrira dans la loi l’interdiction à 3 ans, poursuit-il. Je place la confiance sous surveillance et je l’annonce, il y aura une proposition de loi qui mettra en œuvre l’engagement présidentiel. »

AFP