Cette proposition intervient alors que le patron de La République en marche et secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner a indiqué jeudi qu’il soutiendrait une proposition de loi pour interdire le glyphosate d’ici à 2021 à défaut « d’avancées » d’ici 18 ou 24 mois du plan d’action annoncé par le gouvernement.

Richard Ferrand note pour sa part qu’« une polémique autour de l’arrêt de l’utilisation du glyphosate persiste et témoigne d’un réel niveau de désinformation ».

« Notre position a pourtant permis de réelles avancées dans le respect de deux engagements », plaide-t-il. D’abord « ne pas pratiquer de surtransposition de dispositions européennes dans la loi française : il est donc cohérent que nous n’inscrivions pas dans la loi, à ce stade, un délai de trois ans pour la fin de l’utilisation du glyphosate alors que la norme européenne a été fixée à cinq ans grâce à l’action de la France », justifie-t-il.

Deuxième objectif : parvenir, « dans trois ans, sauf rares exceptions, à renoncer à l’utilisation du glyphosate ».

« Au-delà de l’avancée obtenue sur le plan européen, notre mobilisation doit continuer pour tenir cet objectif. C’est pourquoi je propose la constitution d’une mission parlementaire sur cet enjeu qui s’assurera de la progression des travaux nécessaires », indique Richard Ferrand.

Après la décision de l’Union européenne en novembre de renouveler la licence de l’herbicide pour cinq ans, Emmanuel Macron avait promis que la substance, principe actif du Roundup de Monsanto, serait interdite en France « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ».

L’Assemblée nationale a rejeté à la fin de mai des amendements, y compris LREM, qui visaient à graver dans la loi sur l’agriculture et l’alimentation cette sortie du glyphosate en 2021, le gouvernement voulant toujours d’abord une solution pour les agriculteurs.

Dans la foulée de ce rejet, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot avait dit être « déçu », tout en estimant que l’« objectif » n’était « pas remis en cause ». Un engagement confirmé par Édouard Philippe, même s’il n’est pas inscrit dans la loi.

AFP