Dans un communiqué paru le 24 juin 2021, le Copa-Cogeca, Europatat, Euroseeds et Starch Europe insistent sur la nécessité pour la filière de la pomme de terre de bénéficier d’innovation dans la sélection de variétés.

« La sélection des variétés de pomme de terre est un processus complexe et plutôt lent, rappellent les organisations. Cela est dû à la génétique complexe de cette culture, qui est propagée par les tubercules. De plus, au cours des dernières décennies, nous avons assisté à une segmentation accrue du marché. En raison de ces facteurs, l’investissement dans la sélection végétale de la pomme de terre a triplé au cours des trente dernières années. »

Génétique compliquée

Par ailleurs, « à partir du moment du croisement en sélection conventionnelle, les sélectionneurs de pommes de terre passent 10 à 12 ans à cribler et à se multiplier avant de pouvoir commercialiser une nouvelle variété de pomme de terre, poursuivent-elles. La génétique compliquée derrière la sélection de pommes de terre et le faible taux de multiplication font de l’introduction de nouvelles variétés un processus plutôt difficile et lent. De plus, la recherche d’une variabilité génétique utile chez les parents sauvages peut être laborieuse et son intégration dans des variétés cultivées peut être une autre tâche difficile. »

Les organisations jugent ainsi que les nouvelles techniques génomiques (NGT) telles que l’édition du génome, dont le potentiel « reste inexploité en Europe », « ouvrent la voie à l’amélioration des caractères dans la sélection de la pomme de terre, fournissent des outils pour des approches de sélection précises et robustes et contribuer à la sécurité alimentaire étant donné l’importance du secteur européen de la sélection de pommes de terre dans le monde. »

Répondre aux demandes du marché

Pour le Copa-Cogeca et les cosignataires du communiqué, « les NGT permettent aux sélectionneurs de développer des plantes similaires à celles issues des méthodes de sélection traditionnelles conventionnelles, mais plus rapidement et de manière plus précise. Ce sont donc des outils importants qui permettent de répondre plus efficacement aux demandes du marché, qui évoluent considérablement sur une période de dix ans, et aux différents besoins des agriculteurs et des consommateurs. »

Et de rassurer : « L’Efsa n’a pas identifié de nouveaux dangers pour les plantes résultant de NGT spécifiques comme la mutagenèse ciblée ou la cisgenèse. De telles techniques donnent des plantes qui comportent le même niveau de risque que celles résultant des techniques de sélection conventionnelles. »

Selon elles, « les NGT ont un rôle à jouer dans la réduction du besoin d’appliquer des pesticides. La sélection de variétés résistantes aux maladies devient donc de plus en plus importante et de nouveaux outils de sélection comme l’édition du génome ont déjà fait leurs preuves dans diverses approches de recherche et développement ».

« Amélioration de la qualité »

Autres intérêts évoqués : en termes de qualité des pommes de terre, l’édition des gènes pourrait aider à produire « des produits brun clair ayant un niveau considérablement réduit d’acrylamide alimentaire ».

« L’édition de gènes permettra une production d’amidon de haute qualité sans autres étapes de traitement chimique ou physique et permettra ainsi de réaliser des économies notables en termes de produits chimiques et d’énergie », estiment également les organisations.

Elles concluent : « Permettre aux sélectionneurs d’utiliser les outils les plus efficaces, tels que l’édition du génome, sera essentiel pour optimiser l’utilisation de la variabilité génétique et de la génétique existante. » Et soutiennent les conclusions de l’étude de la Commission européenne parue le 29 avril 2021.

« Nous nous félicitons vivement de l’intention de la Commission d’engager une action politique à court terme sur les plantes dérivées de la mutagenèse et de la cisgenèse ciblées. Nous espérons qu’une telle initiative politique créera un environnement plus propice à l’innovation pour les produits résultant de ces méthodes de sélection, tout en maintenant les normes élevées de la production alimentaire et fourragère de l’Union européenne. »

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Isabelle Escoffier