Il s’agit « d’une série de mesures qui va aider mais pas se substituer au manque à gagner des viticulteurs […] pour (les) aider à passer le cap », a déclaré Bernard Artigue, le président de la chambre d’agriculture de la Gironde, après une réunion de crise avec notamment les organisations professionnelles, les services de l’État, les assureurs, les banques. Des mesures fiscales, des reports ou prises en charge de cotisations, la mise en place du chômage partiel, des mesures financières, une restructuration du vignoble ainsi que des aides des collectivités locales seront proposés.

25 % des vignerons assurés

Les assurances, qui ne concernent que 25 % des vignerons, et le volume complémentaire individuel (VCI), stock du dernier millésime constitué par les viticulteurs et utilisé en cas de catastrophe naturelle, devraient permettre aux viticulteurs concernés de relever la tête. Mais l’interprofession a souligné que la majorité des vignerons n’étaient pas assurés et que les plus touchés étaient les viticulteurs qui font du vin en vrac, ont vendu leur récolte de 2016 et n’ont de fait pas de stock.

« Aujourd’hui, les estimations font état de plus de 50 % de perte de récolte mais tout dépend la repousse en juin », a indiqué Hervé Grandeau, le président de la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB). Ce qui représente, avec le VCI, une récolte de plus de 3 millions d’hectolitres contre 5,7 millions d’hectolitres pour l’excellent millésime 2016. Si les bourgeons ne repartent pas d’ici à juin dans les vignes, la filière accusera alors une perte de 1,5 milliard de chiffre d’affaires.

Hausse de prix à prévoir

« C’est un coup d’arrêt pour reprendre des parts sur le marché international […] Quand les marchés sont perdus, il est très difficile de les reprendre », a-t-il poursuivi, rappelant que l’ensemble des vignerons français étaient touchés ainsi que le nord de l’Italie et de l’Espagne. Face à cette catastrophe naturelle qui touche plus de la moitié du vignoble bordelais, une hausse de prix est également à prévoir. « Il va falloir une hausse modérée, de 10 à 20 % serait certainement envisageable », selon Hervé Grandeau.

AFP