Dans sa note parue le 8 novembre 2016, Agreste estime que la granny est la variété la plus touchée par cette chute de la production de pommes : –17 % sur un an. Pourquoi cette révision à la baisse ? À cause de la canicule qui « a parfois réduit le calibre des fruits ». Plus globalement, les évènements climatiques qui se sont succédé depuis le printemps se traduisent par une grande hétérogénéité des calibres et des rendements. En revanche, l’état sanitaire à la récolte a été excellent grâce au climat relativement sec d’automne.

Les intempéries plombent la récolte

La situation n’est guère différente pour les poires de table. Les intempéries du printemps pèsent aussi sur les prévisions de récolte. Le repli « est essentiellement imputable à la chute de la production de poires d’été, notamment de guyots (–16 %) en Provence et Languedoc, affectées lors de la floraison et de la nouaison par des intempéries, rapporte Agreste dans sa note du 8 novembre 2016. En Paca, la canicule de la fin de l’été a eu pour conséquence une baisse des rendements (blocage de maturité et calibres plus faibles que prévus initialement). »

La campagne de commercialisation des pommes a commencé en retard. Les températures élevées ont poussé les consommateurs vers les pêches ou le raisin en septembre. À la fin de septembre, « la demande sur le marché intérieur s’active, accompagnée par une mise en avant et des offres promotionnelles en grandes et moyennes surfaces, observe Agreste. En octobre, le marché intérieur se développe et s’étoffe avec une gamme progressivement élargie et une demande désormais mieux installée sur les fruits d’hiver. »

Cours soutenus en octobre

Quant au prix, il est en septembre 2 % au-dessus de son niveau de la période de 2011 à 2015. Les exportations de pommes vers le Moyen-Orient et l’Asie « se font de manière régulière, notamment en ce qui concerne la gala. Le marché à l’exportation rentre en concurrence avec les pommes italiennes, notamment sur le marché européen. » En octobre, les ventes à l’étranger restent bien orientées. Les cours sont soutenus : +9 %, dont +19 % pour la gala par rapport à la moyenne de 2011 à 2015.

Concernant la poire, après un début de campagne lent, la demande a augmenté en août, tant sur le marché intérieur qu’à destination de l’Europe. Les cours des poires d’été (guyots) sont supérieurs de 30 % à leur niveau de 2015, et de 22 % à ceux de la période 2011-2015. En septembre, la demande a subi la concurrence des fruits d’été. « Le manque de william’s assure le maintien des cours, observe Agreste. Pour les premières poires d’automne, les cours sont moins soutenus : +3 % par rapport à la moyenne de 2011 à 2015. »

En octobre, les températures ont reculé. La commercialisation de la william’s est restée fluide. « La concurrence est élevée avec la poire conférence des Pays-Bas et de la Belgique, pays concernés par une production élevée. Le marché de la poire Doyenné du Comice se met en place assez lentement. Les cours sont soutenus, par rapport aux années précédentes : +8 % en poires d’automne par rapport à la moyenne de 2011 à 2015 et +16 % en william’s. »