Au 1er octobre 2020, la production française de pommes (1) est estimée en baisse de 11 % par rapport à celle de 2019 et à la moyenne des récoltes de 2015 à 2019. Il s’agirait de la production la plus faible depuis sept ans, prévoit Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. De leur côté, les prix marquent une hausse de 8 % par rapport à ceux de 2019 et à la moyenne de 2015 à 2019.

Il s’agirait de la production française de pommes la plus faible depuis sept ans. © Agreste et Insee

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La sécheresse laisse des traces

Dans les régions, l’alternance est marquée, essentiellement en golden, dont la production chuterait de 24 % sur un an. La sécheresse estivale accentue cette baisse. Les premières récoltes démarrent en avance par rapport à 2019.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la récolte commence avec deux semaines d’avance. La production est revue à la baisse depuis la dernière prévision, conséquence de la sécheresse.

L’alternance en golden est marquée, notamment dans les Alpes où la production chuterait de 20 % par rapport à une année standard.

Dans la vallée de la Garonne, la production baisserait par rapport à la récolte élevée de 2019. La sécheresse et la canicule entament la production. Auparavant, l’alternance et le déficit de nouaison ont été marqués.

Dans le Languedoc et le Roussillon, malgré une floraison réduite, la production est prévue en hausse sur un an, notamment en Pink Lady et granny.

Dans les Pays de la Loire, la récolte démarre avec 10 jours d’avance. La production est prévue à la baisse, conséquence de la diminution conjuguée des surfaces et des rendements.

En Aquitaine et dans le Limousin, les récoltes commencent avec une semaine d’avance. Après une production élevée en 2019, la récolte est prévue comme l’une des plus faibles des dix dernières années. La golden est la variété qui alterne le plus.

Dans la vallée du Rhône, là aussi, la récolte se termine en gala, avec 10 jours d’avance. La production est prévue inférieure à la récolte abondante de 2019. L’alternance ainsi qu’une floraison déficiente ont touché la golden et la canada grise.

Dans le Centre-Val de Loire, l’avance est de 10 jours. L’alternance est marquée en golden.

Dans les régions, l’alternance est marquée, essentiellement en golden. © Agreste

Les cours sont soutenus par le déficit de production

En septembre 2020, la commercialisation sur le marché intérieur est encore réduite, conséquence des températures élevées qui freinent la consommation du fruit. Les mises en avant en GMS sont faibles.

À l’exportation, l’activité est modérée vers les pays tiers en raison de stocks de pommes de l’hémisphère Sud encore importants. Les cours sont soutenus par le déficit de production, essentiellement en golden. Toutes variétés confondues, ils sont supérieurs de 8 % à ceux de 2019 et à la moyenne de 2015 à 2019.

La commercialisation pour la campagne de 2020-2021 de la pomme de table commence au début d’août avec une ou deux semaines d’avance, par les variétés précoces estivales, dont la gala. La demande intérieure est plutôt positionnée sur les fruits d’été. Les prix sont soumis à une forte pression de la part des distributeurs.

À l’exportation, les volumes de gala sont relativement faibles et concurrencés sur le marché européen. Vers le grand export, la crise du Covid-19 freine la demande.

La pomme se maintient en Europe

WAPA, association mondiale de la pomme et de la poire, prévoit en 2020 une production européenne de pommes d’un niveau comparable à celle de 2019 (−0,7 %) et inférieure de 7 % à la moyenne de 2015 à 2019.

La production de la Pologne, premier pays producteur de pommes, augmenterait de 17 %, après la chute en 2019, soit un niveau au-dessous de la moyenne (−9 %). Celle de l’Allemagne ou de l’Italie se contractent sur un an.

La production européenne de la golden chuterait de 13 % sur un an. La production de la gala augmenterait de 4 % sur un an.

La production de 2019 stimule le chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires national de la pomme, relatif à la campagne de commercialisation de 2019-2020 (de septembre 2019 à mai 2020) augmente de 3 % sur un an, se situant 8 % au-dessus de la moyenne sur cinq ans. Cette croissance du chiffre d’affaires national s’explique essentiellement par la hausse de la production en 2019.

Oriane Dieulot

(1) Les prévisions de production de pommes sont estimées à partir d’échantillons régionaux d’observations quantitatives et qualitatives, provenant de sources multiples. Elles sont publiées en se fondant sur l’hypothèse que le reste de la saison ne connaîtra pas d’événements particuliers susceptibles d’affecter la récolte finale. Les dernières prévisions ont été arrêtées au 1er octobre, sur la base de données transmises à la fin de septembre.