À l’issue de son conseil spécialisé pour les céréales du 11 mars 2020, FranceAgriMer a

annoncé réévaluer à la hausse (+100 000 t) les exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers, à 12,7 Mt. Selon Marion Duval, adjointe au chef de l’unité des grains et du sucre chez FranceAgriMer, ce poste a été très discuté, notamment au regard de plusieurs incertitudes de marché.

Les blés russes gagnent en compétitivité

En effet, outre la diffusion du coronavirus, elle note une forte volatilité des parités monétaires, qui « confère depuis une semaine à la France une perte de compétitivité par rapport aux blés de la zone de la mer Noire, notamment sur des pays où la France avait regagné des parts de marché ».

La valeur du rouble a notamment perdu 10 % par rapport au dollar en une semaine, alors que l’euro a gagné 3 %. « Mécaniquement, cela offre un avantage compétitif aux céréales russes », explique Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre. Sur l’Égypte, la France n’est plus compétitive pour l’instant. Des incertitudes persistent sur les possibilités de marché au Maghreb.

Exportations dynamiques

Malgré ce climat international « tendu et mouvant », FranceAgriMer a donc décidé de relever son estimation. « Cela fait écho à la position très conservatrice de FranceAgriMer du mois dernier », note Marion Duval. Le mois de février a été « très bon », avec 1,45 Mt de blé tendre embarquées vers les pays tiers. L’activité exportatrice reste dynamique, notamment vers la Chine. En février, la France y a notamment expédié 122 000 t de blé tendre et un peu moins de 50 000 t d’orge.

Pour la réévaluation des bilans français, FranceAgriMer est encore en attente de pouvoir mieux expertiser les impacts du Covid-19, notamment en Italie. La France y exporte en effet du blé tendre, du blé dur et du maïs. « L’expansion du virus est à suivre, notamment vis-à-vis des restrictions mises en place par les États, leur impact sur la logistique et les chaînes d’approvisionnement des filières, mais aussi sur le prix du pétrole. Sa chute peut avoir des effets positifs sur la baisse des cours des intrants, mais aussi négatifs sur les prix des matières premières agricoles liées à l’énergie », complète Marc Zribi.

Hélène Parisot
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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