Avec 39 millions de mètres cubes, la récolte de bois commercialisé a progressé en France de 1,4 % en 2018, atteignant son « niveau le plus haut observé hors épisode de tempête », indique Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note diffusée le 23 décembre 2019.

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Les coupes de bois d’œuvre dopées

La récolte de bois d’œuvre, qui représente plus de la moitié de la récolte, a augmenté de 3,1 % en 2018, soit plus du double de la progression annuelle constatée lors des cinq années précédentes.

« Elle est portée par la récolte des conifères qui accélère (+3,3 % contre +1,3 % en moyenne les cinq années précédentes), dynamisée notamment par le douglas (+9,7 %) et, dans une moindre mesure, par le sapin/épicéa (+2,6 %) », écrit Agreste.

La crise des scolytes

« Entre 2017 et 2018, le taux de produits accidentels du bois d’œuvre est passé de 0,9 % à 2,3 % du fait notamment de la crise des scolytes qui touche particulièrement l’épicéa » et oblige à les abattre, explique le ministère de l’Agriculture.

Ces coléoptères, qui creusent des galeries sous l’écorce des arbres, prolifèrent depuis deux ans. Une raison à cela : la sécheresse, rappelle Antoine d’Amécourt, président de Fransylva, syndicat des forestiers privés.

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Le problème s’amplifie

« Quand les épicéas sont en pleine santé et ont toute la pluviométrie qu’il faut, il circule beaucoup de résine sous l’écorce, par laquelle est noyé le petit insecte », indique Antoine d’Amécourt.

La crise des scolytes a débuté en 2018, et s’est aggravée en 2019, souligne le ministère. Dans la Région Grand Est, l’ONF (1) estime à 400 000 mètres cubes le volume d’épicéas attaqués en 2018 par le coléoptère, un volume qui pourrait grimper à 800 000 mètres cubes en 2019.

Le hêtre victime du réchauffement climatique

La récolte de bois d’œuvre de feuillus a aussi accéléré en 2018, doublant son rythme de progression (+2,6 %). « Après une baisse de 2 % par an ces cinq dernières années, la récolte de hêtre augmente de 6 %, faisant suite notamment à des coupes sanitaires », indique Agreste.

« Pour le hêtre, c’est typiquement le réchauffement », explique Antoine d’Amécourt, soulignant que cet arbre ne souffre pas d’un parasite spécifique, mais du réchauffement climatique lui-même.

Le budget du CNPF maintenu

Dans ce contexte, Antoine d’Amécourt se félicite d’autant plus du maintien du budget du CNPF, établissement public qui œuvre au développement de la gestion durable des forêts privées en France.

Depuis de longs mois, les forestiers privés craignaient « un désengagement de l’État », dont la dotation représente 15 des 35 millions d’euros de budget de l’établissement.

Parmi les autres facteurs qui ont soutenu l’activité de récolte, figurent l’augmentation des cours du chêne, en raison des exportations vers la Chine et de la demande de la tonnellerie française. Sans oublier les objectifs du programme national de la forêt et du bois.

AFP

(1) Office national des forêts.