Le 5 décembre 2020, c’est la traditionnelle journée mondiale des sols, selon l’Organisation des Nations unies. Mais un collectif de chercheurs veut aller plus loin : « Avec le premier indicateur de santé des sols agricoles, notre objectif est que ce soit tous les jours la journée des sols afin que la transition agricole s’accélère dans les filières, avec les entreprises, les agriculteurs et les acteurs des territoires », ajoute Bastien Sachet, directeur de la fondation Earthworm à l’initiative du projet Sols vivants.

Scientifiques, praticiens, agriculteurs

Avec le nouvel indicateur, cocréé par des scientifiques réunis dans un comité, des praticiens et des agriculteurs comme Pascal Boivin, chercheur à l’Hepia de Genève, Annie Duparque, agronome chez AgroTransfert-RT, Matthieu Archambeaud, directeur d’Icosystème, et Paul Robert, ingénieur agricole fondateur de Novalis Terra, « les équipes de Sols vivants ont travaillé pour combiner rigueur scientifique et praticité terrain et faire naître un nouvel instrument de mesure attendu de toutes les parties prenantes. »

Annie Duparque, membre du comité scientifique de Sols vivants, souligne notamment que « la reconquête de la fertilité organique des sols sur le court et le long terme est une préoccupation montante chez nombre d’agriculteurs, que la poursuite d’objectifs ambitieux, tels que mis en valeur dans le contexte du 4 pour 1 000, suppose de disposer d’outils et de méthodes à la fois rigoureuses et faciles à appliquer en parcelles agricoles. De fait, il faut commencer à bien connaître et donc bien mesurer l’état organique initial d’un sol pour pouvoir apprécier avec assurance son évolution dans le temps ».

> À lire aussi : 600 milliards de dollars pourraient être stockés dans les sols agricoles (09/09/2020)

Un score de A à F

« La qualité d’un sol étant la résultante combinée de ses propriétés physiques, chimiques et biologiques, l’indicateur de la santé des sols cherche à agréger les évaluations de ces trois paramètres, informe la fondation Earthworm. Il vise également à obtenir un indicateur de résultat, simple, peu coûteux, validé par la recherche et les agriculteurs. Cet indicateur combine des paramètres comme taux de matière organique, argile, test de la structure du sol, pH. Au final, on obtient un score A, B, C, D, E, F pour chaque parcelle qui donne une idée de l’état de santé du sol. Un même agriculteur peut avoir dans sa ferme des parcelles A et d’autres D ou E. Cet indicateur permet d’aider à la décision pour commencer à améliorer la conduite du sol. À cela, nous greffons un modèle de calcul du stock de carbone. »

> À lire aussi : Mesurer et rémunérer le stockage du carbone dans le sol (05/12/2019)

Céline Fricotté