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Le coût du séchage pénalise les maïsiculteurs

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flambée du gaz - Le coût du séchage pénalise les maïsiculteurs
« Récolter trop tard, c’est détériorer la qualité du grain avec des pertes de revenus inacceptables pour les maïsiculteurs déjà fortement pénalisés par l’explosion du coût du séchage », souligne l’AGPM. © G. Baron/GFA

L’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) regrette les propos des fournisseurs de gaz demandant aux producteurs de reporter la récolte des maïs face aux possibles ruptures de livraison.

Dans un communiqué paru le 27 octobre 2021, l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) s’insurge contre les propos de fournisseurs de gaz alertant d’une possible rupture de livraison, demandant même aux agriculteurs de « prendre les dispositions nécessaires pour anticiper au mieux une rupture éventuelle d’approvisionnement, en limitant autant que faire se peut votre consommation de gaz et en reportant si possible le ramassage de votre maïs ».

Explosion du coût du séchage

« Non le maïs ne peut pas attendre », rétorque l’AGPM. Et de rappeler : « Récolter trop tard, c’est détériorer la qualité du grain avec des pertes de revenus inacceptables pour les maïsiculteurs déjà fortement pénalisés par l’explosion du coût du séchage. »

Pour le syndicat, « les conséquences seraient tout aussi dommageables pour l’ensemble des acteurs qui dépendent des approvisionnements en maïs : les éleveurs, les transformateurs qui ont besoin de grain de qualité que ce soit pour l’alimentation animale, l’alimentation humaine et les autres usages du grain de maïs (amidonnerie et éthanolerie en particulier) »

> À lire aussi : Tour de plaine : de bons échos pour la récolte de maïs (25/10/2021)

Solidarité nécessaire

L’AGPM n’apprécie pas non plus les propos du « leader du propane en France », qui, selon elle, a affirmé que « l’afflux de commandes dû aux récentes hausses des prix du gaz, couplé au démarrage très soutenu de la campagne maïs… perturbent la chaîne logistique de l’ensemble du secteur… ».

« La souveraineté alimentaire de la France est devenue un objectif national : c’est l’affaire de tous. Elle doit donc passer par la solidarité et les efforts de tous les acteurs dont fait partie le secteur de l’approvisionnement en gaz », estime Daniel Peyraube, président de l’AGPM.

Interrogé, Daniel Peyraube explique que pour l’instant le Centre et l’est de la France sont les plus touchés par ces problèmes d’approvisionnement en gaz, car ils sont alimentés la plupart du temps avec du propane en cuve et non pas en gaz naturel de ville. « Nous sommes en train de faire un tour de tous les départements pour connaître la situation exacte, explique le président de l’AGPM. Il y a urgence. S’il y a des problèmes de chauffeurs, l’Etat est là pour en réquisitionner ! ».

> À lire aussi : La flambée des engrais azotés, un surcoût potentiel de 4 milliards (25/10/2021)

Isabelle Escoffier
« J’ai peu de lisibilité pour mes futures livraisons de gaz »

« Notre fournisseur de gaz ne nous livrait plus depuis une semaine et nos récoltes de maïs étaient à l’arrêt car on ne pouvait pas sécher dans la foulée, explique un agriculteur d’Eure-et-Loir qui possède une installation de séchage à maïs. Il invoque des problèmes de disponibilité en gaz et en chauffeurs qualifiés. Ils auraient dû mieux anticiper. »

L’agriculteur appelle tous les jours et regrette de ne pas avoir beaucoup de visibilité. Heureusement, il a reçu du gaz ce 29 octobre 2021 après-midi. « J’ai programmé deux livraisons pour la semaine prochaine sans avoir l’assurance d’être livré. » Il a signé un contrat de service à l’année avec son fournisseur qui est propriétaire de sa cuve de propane. « Je ne peux donc pas switcher avec un autre fournisseur qui a davantage de disponibilités. »

Bons rendements

Il lui reste 90 % de maïs à récolter, soit 70 ha, et du blé à semer derrière. On a séché avant les oignons, sans problème. « Si on tarde trop pour le maïs, s’il y a du vent, les tiges peuvent casser. Avec des semis de blé trop tardifs, ce sera la double peine », regrette l’exploitant qui fait aussi de la prestation de séchage pour d’autres producteurs. Les rendements sont bons cette année, il y a un afflux de volume plus important que d’habitude et le maïs est un peu plus humide.

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