Au 1er juin 2020, la production d’abricots reculerait de 28 % par rapport à la récolte de 2019 et à la moyenne des récoltes de 2015 à 2019, rapporte dans une note l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture.

Il s’agirait de la production la plus faible depuis 12 ans, après la récolte de 2008, frappée par un gel sévère. L’hiver exceptionnellement doux de 2019-2020 a entraîné des anomalies dans la floraison et la nouaison. Un gel printanier a également touché le couloir rhodanien et la Provence. Avec un printemps exceptionnellement doux, le calendrier de production gagne de l’avance par rapport à 2019.

L’hiver exceptionnelement doux de 2019-2020 a entraîné des anomalies dans la floraison et la nouaison. ©Agreste

La production d’abricots chute sur un an

En Languedoc et Roussillon, la production serait inférieure d’un tiers à celle de 2019. L’hiver très doux a entraîné des anomalies dans la dormance, limitant la capacité de floraison. Les fruits des premières récoltes en mai ont été fragilisés par les intempéries.

En Paca, la production chuterait de 40 % sur un an. Les gelées ont durement frappé les vergers du Vaucluse pendant la nouaison. La floraison a été peu abondante par rapport à 2019, conséquence d’un hiver très doux.

Les intempéries (pluie et vent) depuis la floraison ont entraîné encore plus de pertes. Les chutes de fruits ont été nombreuses. Les variétés précoces sont les plus touchées.

En Vallée du Rhône, la production chuterait sur un an (- 24 %). La charge des arbres est faible, conséquence des gelées de fin mars. De plus, l’hiver doux, notamment sur le Bergeron, a perturbé la dormance, conduisant à une nouaison déficiente. Les chutes de fruits se poursuivent, particulièrement sur les variétés précoces. Les premières récoltes, fin mai, seraient très en avance, favorisées par des températures élevées.

Les chutes de de fruits ont été nombreuses. Les variétés précoces sont les plus touchées. ©Agreste

Selon le MedFEL (salon international des filières fruits et légumes) la récolte européenne 2020 chuterait de 37 % sur un an et de 28 % par rapport à la moyenne 2014-2018. Il s’agirait de la plus faible production européenne depuis 2003, conséquence d’une floraison peu abondante et de gels printaniers dans les principaux bassins de production. En Italie, une demi-récolte est prévue par rapport au niveau moyen. La production espagnole reculerait de 15 %.

La récolte européenne 2020 chuterait de 37 % sur un an et de 28 % par rapport à la moyenne 2014-2018. ©Agreste

À lire aussi : « La production européenne d’abricots chute de 37 % en 2020 » (06/05/2020)

Offre commercialisée réduite en mai 2020

Les premiers volumes d’abricots commercialisés en mai 2020 sont réduits, bien que la saison soit en avance d’une dizaine de jours par rapport à 2019, à la même époque. Les intempéries de mai entraînent des tris parfois importants pour la commercialisation des variétés précoces. Devant cette relative rareté de l’abricot français en début de campagne, la commercialisation concerne essentiellement le produit espagnol.

En 2019, le chiffre d’affaires de l’abricot augmente de 17 % sur un an au niveau national, dépassant légèrement le niveau moyen 2014-2018 (+ 1 %). Cependant, il reste en deçà des niveaux antérieurs à 2016. La hausse des volumes produits fait plus que compenser la baisse des prix. Cette tendance nationale est variable selon les régions.

En Vallée du Rhône, le chiffre d’affaires augmente d’un tiers sur un an, grâce au redressement de la production, mais se situe de nouveau au-dessous de son niveau moyen (- 5 %). Des orages de grêle estivaux particulièrement destructeurs avaient réduit le potentiel de production initial de cette région, avec une récolte inférieure au niveau moyen des années 2014 à 2018 (- 6 %).

En Paca, Languedoc et Roussillon, le chiffre d’affaires progresse sur un an ainsi que par rapport à la moyenne quinquennale.

Forte concurrence en Europe

Sur la campagne 2019 (juin à août), les prix à la production de l’abricot sont inférieurs de 9 % à ceux de 2018 et de 2 % à la moyenne 2014-2018. En 2019, le marché intérieur a peu souffert de la concurrence espagnole, en raison d’une récolte limitée dans ce pays. Les cours 2019 ont pâti du ralentissement des ventes et des lots marqués par la grêle ou la canicule.

La concurrence sur le marché européen a été vive, en raison de l’importance de la récolte italienne. Sur la campagne, les exportations chutent d’un quart par rapport à 2018, après une baisse équivalente en 2018. Elles se réduisent de plus de la moitié par rapport à la moyenne 2014-2018 (- 57 %).

O.D.