L’OPL Vert et l’Oplinord, deux organisations de producteurs de légumes de conserves et surgelés dans les Hauts-de-France, sonnent l’alerte : une revalorisation des productions est indispensable, et nécessite l’appui de la grande distribution, pour une juste rémunération du travail.

« Aujourd’hui, la valeur des produits finis est insuffisante. Elle ne permet pas aux producteurs de vivre correctement de leur travail, et encore moins d’investir dans une transition agroécologique à la hauteur des attentes sociétales », indiquent les deux organismes dans un communiqué le 23 novembre 2020.

Impliquer industriels et distributeurs

En janvier 2020, l’OPL Vert et l’Oplinord ont signé un accord de revalorisation des prix avec le groupe Bonduelle pour financer une augmentation du revenu agricole et les investissements nécessaires à la transition agroécologique. « Cependant, si nous voulons maintenir en France une filière des légumes de qualité, il est impératif d’aller plus loin », estiment les producteurs.

« Avec le soutien du groupe Bonduelle, nous souhaitons poursuivre les efforts engagés avec une nouvelle étape de contrat revalorisé en 2021, poursuivent-ils. Nous appelons les acteurs de la grande distribution à se rallier aux efforts nécessaires pour soutenir une filière essentielle à la souveraineté alimentaire française. »

Le coût des attentes sociétales

Pour répondre à la demande des consommateurs, les producteurs travaillent à l’évolution de leurs pratiques, « qui nécessitent des investissements, tant humains que matériels, qui s’ajoutent à des rendements de plus en plus souvent pénalisés par des aléas climatiques », argumentent-ils.

À cela s’ajoute un certain nombre de contraintes liées à la mise en place de techniques alternatives (comme des couverts végétaux, bandes fleuries, biocontrôle, bilan hydrique connecté…) qui « rendent la culture de légumes de plus en plus difficile et de moins en mois rentable pour les producteurs ».

« Si nous voulons continuer de produire, en France, des légumes de qualité et en quantité suffisante, nous avons impérativement besoin du soutien de tous les acteurs de la filière, industriels et distributeurs, pour revaloriser le revenu agricole. Sans un soutien significatif, la filière des légumes sera amenée à disparaître petit à petit », alertent-ils.

Justine Papin