« En 10 ans, il y a eu un quasi-doublement du solde positif net de carbone stocké par tonne de produit déshydraté, qui est passé de 218 kg à 391 kg », a indiqué le lundi 23 novembre 2020 la filière de la luzerne déshydratée, lors d’une conférence de presse. Elle s’appuie sur les chiffres mis à jour par l’Inra sur l’analyse du cycle de vie (ACV) de la filière. La dernière analyse porte sur la période de 2016 à 2019.

Bilan énergie positif

« Du côté de l’énergie, la filière peut désormais se prévaloir d’un solde positif. Aujourd’hui, la quantité d’énergie contenue dans une tonne de granulé ou de balle de luzerne déshydratée dépasse de 1,2 GJ (gigajoules) la quantité d’énergie consommée pour sa fabrication », ajoute la filière, précisant que ces bilans s’entendent sur la totalité du process, du semis de la culture jusqu’au stockage du produit fini. Pour mémoire, le bilan énergétique affichait un solde négatif de – 3,6 GJ en 2006-2007.

Sur la période 2018-2019, la filière de la luzerne déshydratée a ainsi contribué à l’effort national de réduction des gaz à effet de serre en stockant 1,15 million de tonnes de CO2.

Profonde mutation de ses procédés

« L’empreinte carbone de la filière s’est significativement améliorée dans la période 2016-2017 », estime Pascal Thiébeau, ingénieur d’études (Inrae) de l’Unité mixte de recherche fractionnement des agroressources et environnement à Reims. Cela s’explique par la mise en œuvre du préfanage au champ, dans une première phase, puis par l’orientation vers des process beaucoup moins énergivores, et des efforts réalisés pour substituer l’emploi d’énergie non renouvelable (charbon) par de la renouvelable (bois, myscanthus)

« La filière de la luzerne déshydratée entend continuer à adopter une démarche proactive d’amélioration continue de ses empreintes carbone énergie. Elle pourra ainsi continuer à offrir à la société ses formidables bénéfices en termes de protection de la biodiversité, de l’apiculture, de préservation de la qualité de l’eau et de réduction du déficit européen en protéines végétales », déclare Éric Guillemot, directeur de La Coopération Agricole luzerne de France.

Céline Fricotté