À l’occasion d’une table-ronde organisée le 25 novembre 2021 après son assemblée générale, Intercéréales (1) a livré les contours de son nouvel accord 2022-2025 : elle mise sur un panel de solutions pour l’alimentation de demain, les enjeux du climat et la vitalité des territoires. « Nous représentons une filière organisée, déterminée, en mouvement et qui ose », s’est félicité Jean-François Loiseau, le président d’Intercéréales.

Présent pour cet événement, Julien Denormandie s’est exprimé sur l’engagement de la filière : « Dans ces politiques de changement, il y a un maître de mot de méthode, qui est à la fois une vision et une création de dynamique », a déclaré le ministre de l’Agriculture.

Une mission nourricière

Pour Julien Denormandie, la vision doit être claire : la mission première de l’agriculture qui est de nourrir les populations, et de laquelle découle l’enjeu de la sécurité alimentaire. « Notre rôle est avant tout de nourrir, de le faire dans les meilleures conditions possible et avec la meilleure qualité nutritionnelle possible », a souligné le ministre.

Pour exemple, la situation actuelle des engrais représente « un défi majeur », d’où les travaux actuellement engagés au niveau européen, notamment sur les droits de douane et la logistique.

« Mais la réalité sur les engrais, c’est est-ce qu’on est en train de constituer une crise alimentaire mondiale dans les huit prochains mois ? Ce débat sociétal est très peu mis sur la table », a illustré Julien Denormandie.

Investir dans la science et l’innovation

Pour réussir les trois missions de l’agriculture (nourricière, environnementale et nutritionnelle), la filière céréalière devra pouvoir compter, selon Julien Denormandie, sur la science et l’innovation, deux éléments essentiels pour créer une bonne dynamique de changement.

À ce titre, « nous avons une énorme carte à jouer sur l’investissement, dans le cadre du plan France 2030 », a évoqué le ministre. Sur les 2,8 milliards d’euros de budget alloué, 2 milliards restent actuellement à définir : « un travail à faire le plus vite possible », a-t-il ajouté.

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Un défi lancé sur le carbone

Autre enjeu, l’alignement entre la création de valeur environnementale et celle de la valeur économique, « une faiblesse que nous avons dans le milieu agricole », a reconnu Julien Denormandie. Le marché du carbone est une solution possible, mais des défis restent à relever.

L’un d’eux se trouve dans la structuration de la demande : « Les entreprises auront le choix entre un crédit carbone français à 30-40 euros et un crédit brésilien à 8 euros », a illustré le ministre. Mettre en avant les externalités positives du contexte français, taxer le carbone importé… « Le chantier est énorme et la route encore longue », a souligné Julien Denormandie.

Ce dernier a ainsi interpellé les entreprises, et notamment le groupe Nestlé France invité à cet événement, pour faire le choix du crédit carbone français.

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Charlotte Salmon

(1) Interprofession représentant les producteurs de céréales, de la collecte, de la commercialisation et des entreprises de 1re transformation (farine, amidon, malt, alimentation animale, semoule de blé dur, semoule de maïs).